Prix du carburant : un centime de baisse, est-ce vraiment un demi-milliard en moins pour l'État ?

Le ministre de l'Économie met fin au dispositif du fonds de solidarité.

ÉCONOMIES - Bruno Le Maire s'est dit opposé ce lundi à une baisse des taxes sur le carburant pour compenser l'explosion des prix, estimant qu'il s'agissait d'une mesure trop coûteuse pour un résultat peu perceptible.

Comment faire baisser les prix à la pompe ? Depuis plus d'une semaine, les membres du gouvernement cherchent à répondre à cette question cruciale. De plateau en plateau, ils promettent chercher des solutions pour lutter contre l'explosion du prix des carburants. Mercredi 13 octobre, Gabriel Attal assurait ainsi que des "mesures de protection" étaient étudiées. Ce lundi, Bruno Le Maire a quant à lui précisé qu'il s'agissait d'aller vers la création d'un chèque carburant. Solution complexe, mais pour laquelle il est "davantage favorable" qu'à une baisse des taxes. 

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Depuis plusieurs semaines, les prises de paroles se multiplient à gauche comme à droite pour demander un effort au gouvernement. Quand Xavier Bertrand appelait l'exécutif à "rendre l'argent" gagné via la hausse des prix, le candidat PCF à la présidentielle, Fabien Roussel, réclame une "taxe flottante" sur les carburants. Une mesure qui n'est pas du goût de Bercy. Interrogé sur Europe 1, Bruno Le Maire a estimé que celle-ci était "injuste" et "très coûteuse". "Un centime de baisse du litre de carburant" - peu perceptible pour les Français, "c'est un demi-milliard d'euros" en moins dans les caisses de l'État, a-t-il plaidé. Qu'en est-il réellement ? 

413 millions d'euros en moins pour l'État

Cette entrée d'argent se fait via les taxes. Sur le carburant, il en existe deux. La première est la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques - qu'on retrouve sous l'acronyme TICPE - qui permet notamment de "moduler la fiscalité des différents produits en fonction des émissions de CO2", comme l'explique le ministère de l'Écologie. Son prix est fixé et gelé depuis l'automne 2018, suite au mouvement des Gilets jaunes. Depuis, elle est à 59,40 centimes par litre, selon le ministère.

À celle-ci s'ajoute la fameuse taxe sur la valeur ajoutée (TVA), dont le prix est proportionnel au coût du carburant. Le taux de consommation de produits pétroliers est de 20%. À noter que la TVA s'applique sur la TICPE, il s'agit donc d'une taxe sur la taxe.

En tout, pour un litre à 1,55 euro en moyenne ce lundi, on trouve donc 59,40 centimes de TICPE et 31 centimes de TVA. Soit 90 centimes de taxe.

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Pour chaque litre vendu aux prix actuels, c'est donc 90 centimes qui entrent dans les caisses de l'État. Or, les Français consomment environ 33 millions de tonnes de gazole chaque année. Très précisément, en 2019, 32,8 de tonnes étaient vendues, d'après les chiffres du Comité professionnel du pétrole mis en ligne par l'Insee. Ce qui représente 29.520 millions d'euros par an avec des taxes à 90 centimes. Baissées à 89 centimes, ces taxes permettraient donc  à l'État de n'encaisser "que" 29.192 millions d'euros sur l'année. Une baisse d'un centime, pour le seul gazole, fait perdre 328 millions d'euros. En comptant également les 8,5 millions de tonnes d'essences sans plomb 95 et 98 vendues chaque année (soit 85 millions d'euros de taxes), on atteint les 413 millions d'euros, soit un peu moins d'un demi milliard.

Une telle baisse représente donc bel et bien "un geste important" pour les finances de l'État, pour un résultat "que les Français ne verront pas" comme l'a résumé le ministre.

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