Télé-réalité politique sur D8 : bonne ou mauvaise idée ?

Politique
OVNI - La chaîne D8 va diffuser prochainement un programme inédit à la télévision française. Une télé-réalité mettant en scène des élus vivant la vie des ''vraies'' gens. Faut-il y voir un (nouveau) dévoiement de la politique ou une manière pour ses représentants de se rapprocher de leurs concitoyens ? Eléments de réponse.

L'un des derniers verrous de la télé-réalité va-t-il sauter ? Après les anonymes et les people, c'est au tour des politiques de faire le grand saut. Même si les détails du projet restent encore mystérieux, la chaîne D8 (groupe Canal+) pourrait frapper un grand coup dans les prochaines semaines, avec la diffusion d'un programme mettant en scène des hommes et des femmes politiques, grimés pour se confronter aux problèmes des 'vraies' gens et à leur quotidien pas toujours rose.

Selon des informations du Parisien , qui a publié mardi des premières images du programme, les socialistes Samia Ghali et Julien Dray ou encore des élus UMP comme Thierry Mariani ou l'ancien président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, se sont prêtés au jeu. Rendus méconnaissables, ils incarneront un handicapé, un prof de lycée ou encore une mère divorcée en quête d'un logement.

> EN IMAGES - Télé-réalité politique sur D8 : Qui a dit oui, qui a dit non ?

Annoncée dans l'émission, Michèle Alliot-Marie a quant à elle fermement démenti toute participation, fustigeant un mélange des genres douteux. ''Quand on vit une fonction, on respecte cette fonction", a estimé l'ancienne ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, mardi dans le cadre de l'émission #DirectPolitique. Certes péremptoire, le jugement a le mérite de poser une bonne question : la politique a-t-elle tout à perdre à céder aux sirènes de la télé-réalité ?

Difficile de répondre avant la diffusion du premier numéro, mais ''les politiques ne pouvaient rester éternellement à l'écart de la télé-réalité'', avance Marie Lhérault, sociologue des médias. ''La société évolue, on voit bien que le temps médiatique a totalement pris le pas sur le temps politique''. D'où, poursuit-elle, la nécessité pour nos gouvernants de s'adapter à cette nouvelle donne, le tout sur fond de ''désacralisation de la vie politique'' et de "crise profonde de la représentativité".

Pour autant, ''infiltrer la société pour mieux la comprendre'' n'est pas un concept nouveau à la télévision française, rappelle Marie Lhérault. Qui souligne, outre un gain certain en termes de notoriété pour les politiques concernés, les autres bénéfices potentiels d'une telle démarche. ''On peut imaginer que les problèmes auxquels feront face les 'candidats' pourront faire l'objet d'une traduction politique, au moins au niveau local'', suggère-t-elle. Quant à ''l'approche pédagogique'' d'une telle émission, "tout dépend de sa construction mais l'émission peut toucher un public qui s'est détourné de la politique. En ce sens, cela peut permettre de réduire une trop grande distance entre les Français et leurs élus.'' On ne demande qu'à voir.

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