Isoloir portatif, station de télémédecine, astuce anti-chewing gum… Ces gadgets innovants qui fleurissent au Salon des maires 2017

SUPERMARCHE POUR ELUS - Le 100e Salon des maires, qui se tient jusqu’à jeudi à la porte de Versailles, à Paris, n’est pas seulement une tribune pour élus en colère. C’est aussi un lieu où prospectent des centaines d’édiles en quête d’équipements innovants. En voici un échantillon.

Au Salon des maires de la porte de Versailles (15e arrondissement de Paris), il y a, bien sûr, les tribunes, les débats et les nombreux appels au gouvernement accusé de vouloir essorer les finances locales. Mais il y a aussi, hors de l’auditorium où se pressent les huiles des grandes formations politiques, les innombrables stands éparpillés dans les grands pavillons du Parc des expositions. 


C’est là que se pressent des centaines de maires de petites et moyennes communes en quête d’idées à moindre coût pour équiper leurs administrés, améliorer leur cadre de vie ou encore rénover les rues ou les écoles. Dans les travées, une armée de commerciaux les accueillent pour vanter leurs produits et, pourquoi pas, appâter les clients potentiels. Voici un petit échantillon de ce que l’on peut trouver dans ce vaste supermarché des collectivités locales.

L’isoloir dépliable en 3 minutes

Baptisé Votpak, ce kit de cabine de vote proposé aux édiles, accessible aux personnes à mobilité réduite, “se monte en 3 minutes et rentre dans un coffre”, nous assure le commercial, Pierre Gallo. “Cela évite la manutention, qui nécessite d’avoir des services techniques à la mairie.” Cela évite aussi à certains maires de villages, privés d’équipement lors des élections, d’avoir recours à des méthodes plus spartiates. “Parfois, ils sont obligés de les faire voter dans des placards”, assure le vendeur. Prix : 800 euros la cabine, garantie cinq ans. “Mais pour certains maires, même 800 euros, ce n’est pas rien”, reconnaît-il. 

La glace carbonique anti-chewing gum

Qu’on se le dise : la glace carbonique ne sert pas simplement à transformer Han Solo en statue dans le cinquième volet de Star Wars. Déjà utilisée dans le cadre de la cryothérapie, elle a d’autres applications concrètes dans la vraie vie. Illustration faite avec Cryojet 66, une société de Perpignan qui a fait du chewing-gum son ennemi juré. 


Avec sa méthode de nettoyage cryogénique, la société promet aux maires exaspérés par les résidus de chewing-gum d’éradiquer l’élément indésirable de la voie publique en projetant la glace carbonique à très haute vitesse. Le tout de façon “écologique”, bien sûr. 

La vidéosurveillance “nomade”

Les grandes agglomérations peuvent se payer des systèmes complets de vidéoprotection. A Paris, le plan 1.000 caméras a par exemple coûté autour de 300 millions d’euros. Ce n’est évidemment pas le cas pour les petites et moyennes communes. D’où l’idée de Jean-Marc Guillemain, le patron de Digital Sécurité, de proposer aux édiles de grandes comme de petites villes un système de vidéosurveillance “nomade”. Le matériel tient dans une valise et peut être transporté en voiture. 


“C’est un produit polyvalent”, vante le patron, qui indique avoir déjà vendu en deux ans et demi une centaine de caméras, à une commune de 500 habitants, ou encore à l’agglomération lyonnaise. “Vous pouvez l’installer lors d’un événement sur la place de la mairie, puis le déplacer lorsque vous n’en avez plus besoin à cet endroit.” Si la commune est dépourvue de centre de surveillance urbaine (CSU) capable d'exploiter les images, la société fournit aussi un CSU temporaire, le temps de l’événement. Le kit coûte tout de même entre 4.000 et 7.000 euros. “J’ai croisé trois maires qui hésitaient. Je leur ai conseillé de mutualiser l’achat une caméra”, explique l’entrepreneur. “Ils pourront se la partager.”

La station mobile de télémédecine

Autre équipement proposé aux édiles, cette fois dans le domaine de la santé : la "première station de télémédecine universelle mobile et connectée de moins de 300 grammes" de la société Visiomed Group, l'un des lauréats du prix de l'innovation du Salon des maires 2017. L'outil propose aux communes rurales, souvent dépourvues d'infrastructures hospitalières, de cabinets médicaux ou de pôles de santé, d'offrir aux administrés un check up complet - tensiomètre, thermomètre, électrocardiogramme... - tout en étant connectés visuellement à un praticien. 


"Le généraliste ou le spécialiste aura ainsi accès à l'ensemble des données vitales", indique Judith Drauge, responsable marketing du groupe, précisant que le dispositif était en cours d'expérimentation. Un projet d'actualité, la ministre de la Santé ayant indiqué que la télémédecine serait au coeur de la Stratégie nationale de santé qui sera élaborée courant 2018. 

La barrière anti-attentats

Autre lauréat du Salon des maires, cette fois dans le domaine de la sécurité, cette barrière fabriquée par la société Halt'brac Défense. Dans le cadre du plan Vigipirate, cette installation baptisée "barrière amovible anti-véhicule assassin" (Baava) était particulièrement scrutée par les élus lors du salon. Elle est destinée à "la protection des foules lors d'événements sur le domaine public" et censée stopper net la progression d'un véhicule en cas d'intrusion. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La présidence Macron

Plus d'articles

Sur le même sujet