Terrorisme : ce qu’il faut retenir du discours de Manuel Valls à l’Assemblée

Politique
DirectLCI
HOMMAGE – Le Premier ministre s’est exprimé longuement ce mardi après-midi à la tribune de l’Assemblée nationale. Il a rendu hommage aux 17 victimes des attentats de Paris, la semaine dernière, et a esquissé les mesures envisagées pour lutter contre le terrorisme.

Le discours est qualifié d’exceptionnel, par sa longueur, 40 minutes, sa teneur, et l’unanimité qu’il a recueilli. À gauche, comme à droite, tous les députés, sauf ceux du Front national, se sont levés ce mardi pour applaudir Manuel Valls, le Premier ministre, à la fin de son discours où il a rendu hommage aux 17 victimes des attentats de la semaine dernière, tuées dans et aux abords des locaux de Charlie Hebdo, à Montrouge et dans l’Hyper Cacher porte de Vincennes.

Un peu plus tôt, le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone avait lui aussi rendu hommage aux victimes, et demandé aux députés d’observer une minute de silence, à l’issue de laquelle ils ont entonné la Marseillaise.

LIRE AUSSI
>> "Il ne faut pas regrouper les islamistes en prison"
>> Scène saisissante à l'Assemblée : tous les députés chantent la Marseillaise

>> En direct : Pas de mesures d'exception contraire "au droit et aux valeurs" >> Si, le droit de blasphème existe dans le droit français
>> Qui est Serge Grouard, le député qui a entonné la Marseillaise ?

► Les annonces

Avant d’égrainer ses annonces, Manuel Valls, comme Claude Bartolone peu avant lui, a répété que la France était en guerre, mais pas contre "une religion", pas contre "les musulmans", mais en guerre contre "le terrorisme, le djihadisme et l’islamisme radical".

Pour lutter contre ces menaces, Manuel Valls a ensuite distillé des idées, des mesures, des pistes. Tout en précisant que "nous adopterons des mesures exceptionnelles, mais jamais nous n'adopterons de mesures d'exception qui dérogeraient au principe du droit et des valeurs". Une manière de fermer le ban à ceux qui réclament un Patriot Act à la française, qualifié aux Etats-Unis de "liberticide" par ses opposants.

- Renforcer le contrôle d’internet : "J'ai donné huit jours au ministre de l'Intérieur pour me faire des propositions, notamment concernant Internet et les réseaux sociaux, qui sont plus que jamais utilisés [...] pour passer à l'acte."

- Accroitre la surveillance : "Nous lancerons la surveillance aérienne des personnes suspectes, le système PNR [...] J'appelle de manière solennelle le Parlement européen à prendre toute la mesure de la situation et à voter cette mesure que nous réclamons depuis deux ans. Nous ne pouvons plus perdre de temps."

- Recenser les terroristes : Manuel Valls a évoqué la création d’un fichier des personnes condamnées pour terrorisme ou "membres de groupes de combat" avec des obligations comme la déclaration de leur domicile.

- Manuel Valls a évoqué la création de quartiers spécifiques pour les djihadistes en prison d’ici la fin 2015, à l’image de ce qui est expérimenté depuis l’automne 2014 à la prison de Fresnes , en banlieue parisienne. Objectif : limiter la radicalisation des autres détenus.

- Renforcer les services de renseignements : Il faut "régulièrement renforcer" les "services en charge du renseignement intérieur et la juridiction antiterroriste".

► Les phrases fortes

- La menace terroriste toujours présente : "Non seulement la menace est toujours présente et n'est pas uniquement liée aux actes de la semaine dernière ; des risques sérieux et très élevés demeurent."

- Les juifs de France ont toute leur place en France : "Disons-le à la face du monde : sans les juifs de France, la France ne serait plus la France. Comment accepter que dans certains établissements, on ne puisse pas enseigner ce qu'est la Shoah ? [...] Quand on s’attaque aux juifs de France, on s’attaque à la France et à la conscience universelle".

Valls flingue Dieudonné, "prédicateur de la haine" : "Quelle honte que de voir un récidiviste de la haine tenir son spectacle dans des salles bondées au moment même où, samedi soir, la Nation porte de Vincennes se recueillait", après l'attaque contre la supérette casher.

- "Je ne veux pas qu'il y ait des juifs qui puissent avoir peur ou des musulmans qui puissent avoir honte."

- "Le blasphème ne sera jamais dans notre droit."

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter