Terrorisme : la libre-circulation de Schengen remise en question

Politique

EUROPE - Alors que les Etats de l'Union européenne s’interrogent sur de nouvelles mesures pour lutter contre le terrorisme suite aux événements de la semaine dernière, l'idée de réintroduire des contrôles aux frontières nationales commence à percer. Et ce, afin d'entraver les déplacements des djihadistes sur le continent.

Et les accords Schengen resurgirent dans le débat. Moins d'une semaine après l'attentat contre Charlie Hebdo, alors que les politiques cherchent à s'accorder sur de nouvelles mesures à prendre contre le terrorisme, plusieurs voix en France et dans l'Union européenne remettent en question de la liberté de circulation au sein de l'Europe.

EN SAVOIR +
>> DIRECT - Suivez tous les événements de ce mardi
>> Retrouvez notre dossier complet sur les événements

Le chef du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, considère ainsi qu'"il faut améliorer Schengen", qui comporte des mesures "pour les truands" mais "rien pour les combattants à l'étranger ou les terroristes". "Il n'y a "pas de vérification de cette population entre les frontières", regrette-t-il. Marine Le Pen propose quant à elle carrément "de suspendre Schengen".

L'accord Schengen ne peut pas être mis en cause unilatéralement

Dimanche, le ministre de l'Intérieur espagnol a annoncé que Madrid allait "défendre l'établissement de contrôles aux frontières" pour limiter la circulation de djihadistes allant et revenant des zones de conflits. Son gouvernement souhaite en effet que "les personnes qui présenteraient un risque ou sur lesquelles il existerait des doutes fondés qu'elles puissent être terroristes (...) n'utilisent pas la liberté de mouvement au détriment de notre liberté et de notre sécurité". "Il est possible qu'en conséquence il faille modifier le traité de Schengen", a suggéré Jorge Fernandez Diaz au journal El Pais.

EN SAVOIR +

>> Lutte contre le terrorisme : droite-gauche, même combat ?


A ce jour, l'espace Schengen comprend les territoires de 26 pays européens (22 pays de l'UE plus la Norvège, la Suisse, le Liechtenstein et l'Islande), qui ont supprimé les contrôles à leurs frontières intérieures. Si cet espace de libre-circulation s'est doté d'un système d'information et impose des contrôles aux frontières extérieures, le code des frontières interdit les contrôles systématiques des ressortissants des 26 pays membres de la zone. Et l'accord qui l'a institué, dix avant son entrée en vigueur en 1995, ne peut pas en principe être modifié de manière unilatérale : pour le modifier, il va donc falloir que tout le monde se mette d'accord.

Ces questions, ainsi que d'autres mesures envisagées, seront discutées par les ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'UE lors de leur réunion informelle les 29 et 30 janvier à Riga, en Lettonie. L'urgence leur impose toutefois de se réunir plus tôt et une rencontre extraordinaire pourrait avoir lieu, a indiqué une source proche du dossier, dès vendredi à Bruxelles.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter