Terrorisme : le "Guantanamo à la française" fait son chemin chez Les Républicains

Terrorisme : le "Guantanamo à la française" fait son chemin chez Les Républicains

JUSTICE D'EXCEPTION - Georges Fenech, président de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats, ressuscite l'idée d'un "Guantanamo à la Française" dans le traitement du retour des djihadistes d'Irak et de Syrie, dans un entretien à Valeurs actuelles. Une proposition déjà avancée à droite au cours des mois écoulés.

Jugée il y a peu comme une provocation, la proposition revient cette fois dans la bouche du très sérieux Georges Fenech, ex-magistrat et président Les Républicains de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015.

Dans un entretien accordé à Valeurs actuelles, celui qui a coordonné le rapport proposant une batterie de mesures pour lutter contre le terrorisme en a sorti une de plus de son chapeau : un "Guantanamo" pour les djihadistes, en référence au camp ouvert à Cuba, sur une base militaire américaine, par Georges W. Bush après les attentats du 11-Septembre. Selon le député LR, "un Guantanamo à la française serait la solution la plus simple" pour gérer "le raz-de-marée de retours de djihadistes" en provenance des fronts d'Irak et de Syrie, alors que l'Etat islamique "perd beaucoup de terrain" et que cette organisation "va tomber, c'est une question de mois". "Ce qui m'inquiète beaucoup" justifie le député du Rhône, "c'est le défaut d'anticipation par le gouvernement de ce qui risque de se passer".

Proposition d'exil

Situé sur une base américaine de Cuba, le camp de Guantanamo, très critiqué par les défenseurs des droits de l'homme, permettait notamment aux Américains de détenir, sans procès ni poursuites, des "combattants ennemis" suspectés d'avoir servi Al-Qaïda. Selon les chiffres fournis par Manuel Valls mardi à l'Assemblée, 2.147 ressortissants français ou étrangers résidant en France, sont connus pour leur implication dans les filières syro-irakiennes.

Georges Fenech n'est pas le premier, à droite, à prôner un "Guantanamo à la française". Alors qu'un rapport récent critiquait le regroupant de détenus islamistes dans les prisons françaises , le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan avait déjà plaidé à plusieurs reprises pour un exil des djihadistes à Cayenne ou bien sur les îles Kerguelen . Dans le même registre, mais sans citer Guantanamo, le député Eric Ciotti et l'ex-maire de Nice, Christian Estrosi, ont suggéré des centres de rétentions "préventifs" pour y loger les djihadistes présumés , hors de tout procès. Des propositions qui ont pris la forme d'amendements rejetés mardi soir en marge des débats sur l'état d'urgence.

La proposition d'une telle justice préventive est loin de faire l'unanimité dans l'opposition. "Le camp de Guantanamo n'a pas permis d'éradiquer l'islamisme radical", avait récemment martelé la députée européenne UDI Sylvie Goulard. Alors que l'idée chemine chez Les Républicains, le député UDI Philippe Vigier l'a redit mardi soir, prônant des "centres de déradicalisation", mais certainement pas de justice parallèle, ou même préventive.

Du reste, la création de centres de rétention préventifs pour les présumés djihadistes risquerait de poser d'importants problèmes sur le plan du droit, comme le Conseil d’Etat l'a déjà souligné assez clairement dans un avis rendu en décembre 2015 .

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