Torture : un sujet bien embarrassant au FN

Torture : un sujet bien embarrassant au FN

POLITIQUE – La position ambiguë de Marine Le Pen sur la torture, mardi matin sur BFM TV, rappelle que son père a été plusieurs fois accusé d'avoir exécuté une telle pratique lors de la guerre d'Algérie.

Le débat sur la torture poursuit la famille Le Pen. Invitée mercredi de BFMTV et RMC, Marine Le Pen a semblé légitimer cette pratique dans certains cas avec de faire machine arrière quelques heures plus tard. Interrogée sur le rapport américain du Sénat dévoilé mardi détaillant des sévices infligés par la CIA à des suspects de terrorisme, l'eurodéputée a déclaré: "moi, je ne condamne pas". La torture peut-elle être utilisée? "Oui, oui, bien sûr. Cela a été utilisé dans l'Histoire (…) Il peut y avoir des cas, (…) où il est utile de faire parler la personne pour savoir où est la bombe (…) avec les moyens qu'on peut", a répondu Marine Le Pen. Puis, quelques heures après, la patronne du FN s'est indignée sur son compte Twitter d'une "interprétation malveillante". "Face au terrorisme, pas d'angélisme. 'Les moyens qu'on peut ': les moyens de la loi, évidemment pas la torture", a-t-elle écrit.

EN SAVOIR PLUS +>> Le retropédalage de Marine Le Pen sur la torture

Mais cette volte-face illustre-t-elle les craintes de Marine Le Pen de rappeler au souvenir des Français les accusations portées contre son père ? Le président d'honneur du FN est soupçonné d'avoir torturé lors de la guerre d'Algérie, où il a servi comme lieutenant en 1956-57. "Ces accusations ont été condamnées devant la justice. Il a été victime de diffamation", a balayé Marine Le Pen interrogée mercredi après midi dans l'émission Questions d'info. L'ex-président du FN a engagé plusieurs procédures judiciaires contre les journaux ayant relayé ces accusations, obtenant gain de cause dans plusieurs cas. Mais il avait été débouté définitivement en 2005 par la Cour de cassation dans un procès contre Le Monde. Le quotidien avait publié, en pleine campagne électorale de 2002, des témoignages l'accusant de tortures.

Des proches de Marine Le Pen approuvent la torture

Toutefois, preuve que le débat agite le Front national, plusieurs soutiens de Marine Le Pen ont toutefois légitimé ou semblé légitimé la première position de la patronne du FN. Gilbert Collard, l'un des deux députés FN, a ainsi défendu sur I-télé un "recours ultime" pour "sauver des vies". "Que ceux qui poussent des cris d'orfraie suite aux propos de Marine Le Pen sur le terrorisme se rappellent l'horreur des attentats de 95", a également tweeté Eric Domard, membre du cabinet de la présidente du FN. "Marine Le Pen a énoncé des situations dramatiques bien particulières pour lesquelles certains moyens sont utiles", a aussi écrit Bruno Lemaire, l'un de ses conseillers économiques.

De son côté, le PS de son côté s'est engouffré dans la brèche. « Elle a réagi avec ce qu'elle est. La gégène est dans les gènes des Le Pen. Pour elle, c'est très très normal", a déclaré à la presse le patron des députés socialistes, Bruno Le Roux. "Ce cri qu'elle a eu ce matin, disant qu'il y a des moments où il faut faire parler, c'était la gégène de papa qui revenait au premier plan".

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