Transition énergétique : ce que propose Ségolène Royal

Transition énergétique : ce que propose Ségolène Royal

ENERGIE - La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a dévoilé mercredi la loi de transition énergétique qui doit réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité en France au profit des énergies renouvelables. Un projet salué par les Verts mais qui laisse des questions en suspend dans le domaine de l'atome.

Attendue comme un temps fort de la politique de François Hollande, qualifiée, par les Verts, de marqueur de l’engagement écologique du gouvernement, la loi sur la transition énergétique a enfin été dévoilée mercredi. Articulée autour d'une soixantaine d'articles, cette loi poursuit l’objectif de rendre la France plus économe en énergie, d'accroître la part des énergies renouvelables et réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles et nucléaire. Une ambition complexe à mettre en œuvre et qui suscite un vif débat entre pro et anti-nucléaire.

"Dans 15 ans, notre consommation d'énergie fossile (pétrole, gaz, charbon) aura diminué de 30%, 1/3 de l'énergie (32%) que nous consommons sera renouvelable", projette notamment le texte. Du côté de l'atome, le projet de loi intègre l’objectif de réduction de la part du nucléaire à 50% de la production d'électricité en 2025, contre 75% actuellement. Le texte, qui ne dote cependant pas le gouvernement des moyens d'imposer la fermeture de centrales, prévoit que la capacité du parc nucléaire sera désormais plafonnée à 63,2 mégawatts, soit la puissance actuelle.

"Le texte marque un tournant"

Pour réussir ce virage énergétique, le projet de loi défendu par Ségolène Royal instaure une obligation de rénovation énergétique en cas de travaux de ravalement ou de toiture, de nouvelles aides fiscales, un "chèque énergie" pour les ménages les plus modestes ou encore la mise en place de sept millions de bornes de recharge pour les véhicules électriques d'ici à 2030.

La secrétaire nationale d'Europe-Ecologie les Verts, Emmanuelle Cosse, a salué le projet du gouvernement. "Le texte marque un tournant, c'est très clair, sur la politique énergétique de la France. Et nous, on l'attendait depuis longtemps. De ce côté-là, c'est réussi", a-t-elle commenté.

Un "enterrement de première classe" de la question du nucléaire

Comme on pouvait s'y attendre, les principales critiques concernent le domaine du nucléaire. "Dans ce projet de loi, il manque l'essentiel: la limitation à 40 ans de la durée de fonctionnement des réacteurs nucléaires et la mise en place d'un mécanisme permettant à l'Etat de décider de la fermeture de réacteurs pour des raisons de pilotage de mix énergétique", déplore ainsi le président de Greenpeace France, Jean-François Julliard. Quant à l’ancienne ministre socialiste de l'Ecologie, Delphine Batho, elle a déploré mercredi un "enterrement de première classe" de la question du nucléaire.

Le texte est cependant encore susceptible d'évoluer avant sa présentation définitive en Conseil des ministres. Il doit notamment être soumis à la Commission nationale sur la transition énergétique, le Conseil économique, social et environnemental et le Conseil d'Etat. Les débats au Parlement autour de la loi débuteront en automne.

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