Transparence : quand Copé fait son show

Transparence : quand Copé fait son show

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REPORTAGE - Jean-François Copé a fait lundi matin une "déclaration solennelle" au siège de l'UMP à Paris, suite aux accusations lancées contre lui par "Le Point". Au programme, proposition de loi sur la transparence et promesse de publication des comptes du parti.

L'ambiance est électrique ce lundi au siège de l'UMP, dans le 15e arrondissement de Paris. Il est 11h et des hordes de journalistes dressent caméras, micros et appareils. Tout le monde attend l'homme du jour : Jean-François Copé. Le président du parti a annoncé qu'il ferait une mystérieuse "déclaration solennelle" , suite aux accusations du Point à son encontre. Adossés à un mur, deux jeunes umpistes discutent de Franz-Olivier Giesbert, directeur de l'hebdo désormais honni par le parti. "Il a voulu lâcher son venin avant de partir», considère l'un d'eux. L'autre acquiesce.

Un ton qui s'accorde avec la réaction de Jean-François Copé, victime selon lui d'une "cabale". Le Point l'accuse d'avoir privilégié une société de communication dirigée par des proches, Bygmalion, lors de la campagne de 2012. Et ce avec l'argent du parti. Les minutes passent et le député-maire de Meaux a décidé de jouer à cache-cache : la conférence aura finalement lieu au 1er étage. La foule s'ébranle, certains courent dans l'escalier, matériel et journalistes s'entrechoquent. Et de nouveau l'attente : "La conférence est reportée à 11h45", annonce-t-on. La cause ? Une panne de régie. Sourires en coin sur les visages. Mais le voilà enfin.

La transparence pour les partis et les patrons de presse

"Mes chers compatriotes", commence-t-il, avant de se lancer dans une longue tirade tantôt offensive, tantôt victimaire, parlant de "chasse à l'homme", de méthodes "dignes de l'inquisition" et de "bûcher médiatique". Une emphase qui ne fait que préparer le coup de théâtre à venir : "Je déposerai sur le bureau de l'Assemblée nationale à la reprise de ses travaux une proposition de loi très simple et très claire, annonce-t-il alors. Elle demandera à chaque parti ayant des représentants à l'Assemblée nationale, au Sénat, au Parlement européen", de publier leurs comptes depuis 2007. Et même chose sera demandée aux patrons de presse, avec une seconde proposition de loi. En attendant une éventuelle adoption, l'intégralité de la comptabilité de l'UMP sera placée dans une pièce "qui sera scellée par un huissier".

En guise de défense, Jean-François Copé a donc choisi d'attaquer et de louvoyer, se posant étrangement en chantre de la transparence - mais "sous scellée"... -, alors même qu'il qualifiait la déclaration publique de patrimoine, en pleine affaire Cahuzac, d'"écran de fumée". Le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, n'a pas manqué de souligner cette volte-face, estimant que "Jean-François Copé, au lieu de répondre sur le fond, finalement esquive et parle d'autre chose". Au centre, François Bayrou, président du Modem s'est dit quant à lui "absolument prêt à ouvrir la totalité de ses comptes actuels et passés". Mais dans le propre camp de Jean-François Copé, la circonspection est de mise. François Fillon a ainsi estimé qu'il faudrait discuter de ces propositions, mais "après les municipales". Une manière de signifier que le cap doit être maintenu, en dépit de ce nouveau scandale qui secoue le parti.

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