Tribune de Sarkozy : condamnation unanime à gauche

Tribune de Sarkozy : condamnation unanime à gauche

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REACTIONS - La tribune virulente de Nicolas Sarkozy publiée dans Le Figaro a fait bondir les responsables de la majorité ce jeudi soir. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault a dénoncé une ''grave faute morale'' de l'ancien président de la République.

Si Nicolas Sarkozy a pris tout le monde de court en sortant de sa réserve dans l'affaire des écoutes dont il est l'objet, à gauche, les réactions n'ont pas tardé ce jeudi soir. Extrêmement virulent contre le pouvoir en place dans une longue tribune publiée dans Le Figaro, l'ancien chef de l'Etat a littéralement fait sortir de ses gonds l'ensemble des ténors de la majorité. A commencer par les deux ministres nommément visés par l'ex-résident de l'Elysée : Christiane Taubira et Manuel Valls , forcément au courant, selon Nicolas Sarkozy, du contenu des conversations interceptées.

Sans répondre à l'attaque - elle s'était déjà défendue, maladroitement, la semaine dernière - la garde des Sceaux a, dans un communiqué, fustigé ''des attaques d'une extrême violence contre les institutions, contre les magistrats au prétexte d'appartenance syndicale - Nicolas Sarkozy s'en est pris au Syndicat de la magistrature, ndlr - ‎et contre la haute institution constitutionnelle qui fragilisent l'Etat de droit''. Christiane Taubira ''n’entend pas accepter cette injure à l’égard des citoyens français et des juges ainsi que cette attaque envers les institutions de la République'', poursuit le texte, laissant augurer de suites politique ou judiciaires à cette affaire.

La comparaison avec la RDA passe mal

De son côté, le ministre de l'Intérieur a qualifié les propos de l'ancien chef de l'Etat de ''fuite en avant dans la mise en cause des institutions de la République''. Le locataire de la place Beauvau a en outre appelé Nicolas Sarkozy à respecter "les principes, les valeurs dont il avait la charge" de 2007 à 2012.

Condamnée unanimement à gauche, la comparaison de l'ancien locataire de l'Elysée entre la France et les dictatures, notamment la RDA, était dans toutes les bouches. ''Assimiler la République française à la dictature de l’ex-Allemagne de l’Est, assimiler la justice et la police à la Stasi, l’ex-police secrète, cela disqualifie les critiques de Nicolas Sarkozy'', a poursuivi Manuel Valls, rejoint par le Premier ministre en personne. "La comparaison entre la République française et l'ex-Allemagne de l'Est est insupportable", a asséné Jean-Marc Ayrault, condamnant la ''grave faute morale'' commise par l'ancien Président.

Et à trois jours des élections municipales, le chef de file du Parti socialiste, Harlem Désir, y est lui aussi allé de sa ferme condamnation. ''Je dénonce avec force l’attaque inouïe portée aujourd’hui par Nicolas Sarkozy contre les institutions de la République'', a écrit le premier secrétaire du PS dans un communiqué, fustigeant, en outre, ''une pression sans précédent sur les magistrats chargés de faire la lumière sur des faits, qui, s’ils étaient avérés, seraient très graves.'' 

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