Trierweiler-Hollande : d'où vient l'expression les "sans-dents" ?

Trierweiler-Hollande : d'où vient l'expression les "sans-dents" ?

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DECRYPTAGE – Dans son livre "Merci pour ce moment", Valérie Trierweiler prête à François Hollande une expression pour qualifier les personnes "pauvres" : les "sans-dents". Une formule qui provoque l'émoi. Mais que signifie au juste cette expression ? Metronews a interrogé un spécialiste de la langue française.

C'est une expression qui passe mal. Dans son livre, Valérie Trierweiler affirme que François Hollande utilise l'expression "sans-dents" pour qualifier les "pauvres".

"Il s'est présenté comme l'homme qui n'aime pas les riches. En réalité, le président n'aime pas les pauvres. Lui, l'homme de gauche, dit en privé : “les sans-dents”, très fier de son trait d'humour."

Les réseaux sociaux s'émeuvent (avec la création d'un hashtag #sansdents sur Twitter). Sur la scène politique, l'opération "récupération" est en marche. Le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon s'est immédiatement rangé du côté des "sans-dents", "dans le camp des pauvres, des humiliés et des opprimés". Idem pour le FN, qui se hisse au rang de leurs "défenseur".

Une création originale

Mais au fait, d'où vient cette expression ? "Que je sache, celle-ci n'apparaît nulle part, nous assure Yves Stalloni, agrégé de lettres modernes et coauteur des 365 Expressions expliquées*. Il semble qu'il s'agit donc d'une formule originale inventée pour la circonstance et dont François Hollande serait le total inventeur".

"Peut-être y a-t-il une inspiration étrangère dans cette formule, comme toothless en anglais", poursuit le professeur. Une expression péjorative, qui désigne les "classes inférieures". "Il s'agit d'une inscription dans une espèce de paradigme de la privation - comme 'sans-papiers', 'sans domicile fixe', etc. Avec ici la référence aux dents qui renvoie à deux choses : d'une part la nourriture, d'autre part le soin dentaire, une attention coûteuse et dont la privation marquerait un statut social inférieur". Sans aucun doute, il y a donc dans cette expression "du mépris, de la dévalorisation", conclut le chercheur.

En revanche, une interrogation subsiste : où est donc le jeu de mots, le "trait d'humour" dont parle Valérie Trierweiler et qui ferait la fierté du Président ? A la rédaction, comme du côté des spécialistes, on se pose toujours la question...

*" 365 Expressions expliquées ", Editions du Chêne, 15,90 euros.

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