"Trop, c'est trop" : à Levallois-Perret, une adjointe de Balkany démissionne en plein conseil municipal

"Trop, c'est trop" : à Levallois-Perret, une adjointe de Balkany démissionne en plein conseil municipal
Politique

CLASH - Alors que les élections municipales approchent et que Patrick Balkany entend se représenter à Levallois, séjour en prison ou pas, après l'intérim de son épouse Isabelle, certains adjoints de la commune s’inquiètent, et voudraient bien que le célèbre couple s’efface un peu. Faute de se faire entendre, Sylvie Ramond a décidé de démissionner.

Avec un maire en prison, les conseils municipaux de Levallois-Perret ne manquent pas d’animation. Celui du lundi 9 décembre l’a encore montré : Sylvie Ramond, adjointe de Patrick Balkany, a décidé de démissionner en pleine séance. Son souhait : que la ville tourne la page Balkany à quelques mois des municipales, ce qui pour l’instant ne semble pas près d’arriver, Isabelle Balkany ayant annoncé la semaine précédente la candidature de son mari.

Sylvie Ramond, adjointe aux Affaires administratives, a "pris la parole au début du conseil municipal pour dire que ‘le comportement du maire (Patrick Balkany) et de la première adjointe (Isabelle Balkany) était inadapté compte tenu du calendrier judiciaire’", a relaté à l'AFP un participant au conseil municipal, sous couvert d'anonymat. Mais alors qu’elle s'apprêtait à annoncer sa démission de sa délégation et de la majorité municipale, Isabelle Balkany, qui menait les débats à la place de son mari toujours incarcéré, "lui a coupé le micro en lui disant qu'elle n'avait pas à s'exprimer là-dessus", selon cette source.

Lire aussi

"On va dans le mur"

Privée de micro, l'élue a quitté l'assemblée et publié un communiqué sur Twitter expliquant sa démission. "Le débat politique et électoral de Levallois ne peut pas être pris en otage par votre avenir judiciaire", y écrit-elle en s’adressant à Isabelle Balkany, lui reprochant son "acharnement à vouloir [s’]approprier" la ville. "Trop c’est trop", dit-elle encore.

"C'est une décision personnelle", a détaillé à l'AFP l'élue de 54 ans. "Ça fait 35 ans que je travaille pour cette ville. J'ai été fidèle, loyale, mais là, ce n'est plus possible. On va dans le mur", a-t-elle ajouté, affirmant avoir déjà tenu ces mêmes propos à Isabelle Balkany "il y a trois semaines".

"Je veux plus de démocratie participative dans cette ville, les choses ont changé. (...) Il ne faut plus qu'ils (les Balkany, NDLR) soient en première ligne, c'est dangereux pour elle comme pour lui", a-t-elle poursuivi.  "Je les aime, je fais ça pour les protéger", a ajouté Sylvie Ramond, entrée dans la majorité municipale en 1983 et qui siégeait sous l'étiquette du mouvement Agir ! depuis deux ans.

Lire aussi

Trois demandes de remise en liberté rejetées

"C'est irrespirable à la mairie en ce moment. Les Levalloisiens sont inquiets, il faut préparer la succession", a-t-elle affirmé, tout en estimant que Patrick Balkany, dont la troisième demande de remise en liberté a été rejetée ce même lundi, a un "très bon bilan" et qu'il ne doit "pas partir par la petite porte". Mais "’on va mourir sur scène’, ‘Après nous le déluge’, je ne suis pas d'accord avec ça", a-t-elle ajouté.

Sylvia Ramond entend désormais siéger dans l'opposition municipale en tant qu'"indépendante". Selon elle, la plupart des élus du groupe majoritaire "s'interrogent" après les déboires judiciaires du couple Balkany. Incarcéré depuis trois mois après ses condamnations pour fraude fiscale et blanchiment, Patrick Balkany a fait appel de ses deux condamnations. Son procès en appel pour fraude fiscale débute ce mercredi à Paris.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent