Trump, l'ouragan qui fascine à droite et au FN

Trump, l'ouragan qui fascine à droite et au FN
Politique

LIKE DONALD - Jeudi 19 mai au matin à l'Assemblée nationale, en plein débat sur l'état d'urgence et les manifestations violentes, Bernard Cazeneuve s'en est pris à ceux qui "puisent leur inspiration chez Donald Trump", le candidat républicain à la présidentielle américaine. En France, la classe politique se montre réservée sur le cas du milliardaire controversé. Mais ce dernier en fascine certains.

C'est une petite phrase lâchée jeudi 19 mai par Bernard Cazeneuve qui en dit long sur la façon dont la plupart des responsables politiques français appréhendent le personnage de Donald Trump. En plein débat sur l'état d'urgence et répondant aux critiques sur les violences commises en marge des manifestations, le ministre de l’Intérieur a fait référence au candidat républicain controversé de la présidentielle américaine.

"Un ministre de l'Intérieur, face à un tel niveau de tensions, ne peut pas puiser son inspiration dans la pensée et les comportements de Donald Trump", a lâché le premier flic de France. Avant de tacler l'opposition de droite, et en particulier les députés LR Guillaume Larrivé et Eric Ciotti à qui il répondait : "Même si Donald Trump semble inspirer d'autres acteurs dans la classe politique française".

Bernard Cazeneuve visait les députés Les Républicains, qui dans l'hémicycle s'en sont pris à l'inaction présumée du ministre face aux manifestants violents, dont certains ont notamment incendié une voiture de police mardi soir. A l'instar d'Eric Ciotti (LR, Alpes-Maritimes), pour qui "les mots ne suffisent plus, il faut des actes", et qui accuse le gouvernement de proposer "un état d'urgence au rabais", alors qu'il faut "interdire certaines manifestations et dissoudre les groupuscules d'extrême gauche".

Trump bashing partout (ou presque) à droite

S'inspirer de Donald Trump, est-ce la dernière insulte à la mode dans la classe politique française – on se souvient de la sortie récente de la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, lâchant " Trump is so stupid, my God, my God " – ou bien une réalité pour certains ?

Globalement, les responsables politiques français ne portent pas spécialement le candidat populiste dans leur cœur. Bruno Le Maire, candidat LR à la primaire de la droite, résumait ainsi en mars le sentiment partagé à droite comme à gauche  : "Donald Trump est un homme dangereux (...) C'est un homme qui divise. Il monte les Américains les uns contre les autres". Même pincement de nez chez Alain Juppé, le favori de la primaire : " Ses outrances sont insupportables ". Quant à François Fillon, l'autre prétendant à la présidentielle qui veut "casser la baraque", il se montre particulièrement circonspect sur le cas Donald Trump. "C’est plutôt un motif d’inquiétude sur le leadership américain", confiait-il à Paris Match en mars. "La perspective de voir ce Monsieur Trump dont les valeurs sont aux antipodes des miennes, accéder à la présidence des Etats-Unis, n’est absolument pas un motif de fascination." Même Nadine Morano, interrogée par Le Petit Journal, s'était agacée à la question du journaliste souhaitant savoir si elle s'inspirait de Donald Trump . "Ha le pauvre… pfff…" rétorque l'intéressée à son interlocuteur. "Mon modèle c'est De Gaulle".

Finalement, à droite, Donald Trump n'aura "inspiré" qu'une minorité de responsables... Mais pas n'importe lesquels : Nicolas Sarkozy pour commencer, qui en retient la méthode plus que le fond. "Les gens veulent de l'épicé, des idées fortes", expliquait-il fin avril . "Regardez aux Etats-Unis ! Ce monsieur Trump, qui est consternant, il réussit parce qu'il ne se refuse aucune outrance". Parmi les inspirés figure aussi le président LR de Rhône-Alpes-Auvergne , Laurent Wauquiez, pour qui Trump est "révélateur" du fait que "les citoyens ne veulent plus avoir des gens qui leur disent ce qu'ils ont le droit de penser et ce qu'ils ont le droit de dire".

Le FN partagé sur le fond, pas sur la forme

Quant au parti de Marine Le Pen, comparée à Donald Trump par certains médias américains , il a également pris quelques pincettes à l'égard du candidat républicain des Etats-Unis, tout en montrant son intérêt pour son succès. "Non, ce n'est pas un modèle pour nous", avait ainsi affirmé Florian Philippot à l'émission Questions d'Info  sur LCP, pour qui le milliardaire "a des propos avec lesquels je ne suis pas d'accord". Mais, disait le numéro 2 du FN, "Trump dérange l'establishment américain notamment parce qu'il est libre. Et sur la politique étrangère revendiquée par Donald Trump, contre l'interventionnisme américain dans le monde, Florian Philippot comme la députée FN Marion Maréchal-Le Pen ont eu l'occasion de soutenir ouvertement le candidat américain.

Finalement, c'est encore un peu plus à l'extrême droite du FN que l'on trouve les plus chauds partisans de Donald Trump. Robert Ménard, le maire de Béziers et proche du FN, a ainsi conseillé à Marine Le Pen de "s'inspirer" du milliardaire  américain, notamment pour ses discours sur l'immigration . De la même façon, une victoire de Trump à la présidentielle serait "une grande joie" pour le député du Gard Gilbert Collard. Quant au fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen, il a vu chez le milliardaire… le candidat de ses rêves.

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