Turc, arabe, croate, portugais... à l'école : Macron veut mettre fin au financement polémique par des pays étrangers

Turc, arabe, croate, portugais... à l'école : Macron veut mettre fin au financement polémique par des pays étrangers

ENSEIGNEMENT - Présent à Mulhouse pour visiter le "quartier de reconquête républicaine" de Bourtwiller, le président de la République a annoncé la suppression des Elco, ce dispositif devenu polémique qui consistait à enseigner à l'école les langues de 9 pays au moyen d'enseignants payés par ces mêmes pays. 80.000 élèves sont concernés dont 12.500 pour l'enseignement du turc.

Lutter contre "les influences étrangères". Dans son discours concluant sa visite à Bourtzwiller, "quartier de reconquête républicaine" de Mulhouse, le président Macron a présenté ce qu'il comptait mettre en place contre ce qu'il considère comme le carburant du "séparatisme islamiste". Un phénomène "incompatible avec la liberté, l'égalité et l'indivisibilité de la Nation", dont un des "vecteurs" se trouve dans l'enseignement des langues et cultures étrangères, pose le chef de l'Etat.

L'enseignement se poursuivra, financé par la France

Créé en 1977, le dispositif des Elco (Enseignements de langue et de culture d'origine) est le fruit d'un partenariat entre la France et neuf autres pays : Algérie, Croatie, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Serbie, Tunisie et Turquie. Un partenariat qui concerne "80.000 élèves par an", relève Emmanuel Macron, avec cette spécificité qu'il est assuré par "des enseignants payés par d'autres pays". Un dispositif peu goûté par le chef de l'Etat, "pas à l'aise d'avoir, dans l'école de la République, des hommes et femmes qui enseignent sans contrôle de l'Education nationale".

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Raison pour laquelle le Président entend aujourd'hui supprimer ce dispositif. Un engagement qui sera valable à la rentrée de septembre 2020. Soucieux de "préserver cette connaissance d'une culture, d'une langue étrangère" pour les Français d'origine étrangère, il veut le faire évoluer vers un nouveau dispositif, les EILE, les enseignements internationaux de langues étrangères, dans lequel le profil des enseignants et le programme qu'ils appliquent fait l'objet d'un contrôle de l'Education nationale. Un engagement qui a fait sourire jaune l'ancienne ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem qui, depuis son compte Twitter, a rappelé que "cette démarche était déjà lancée par nous (gouvernement socialiste sous la présidence de François Hollande) depuis la rentrée 2016 avec le Portugal et le Maroc comme premiers pays signataires des nouvelles conventions".

Des accords en cours... sauf avec la Turquie, 12.500 élèves concernés

"Nous avons réussi avec tous les pays concernés, sauf la Turquie. Mais je ne désespère pas", poursuit le président de la République au sujet de cette mesure qui fera que l'enseignement de ces langues et cultures sera financé par la France. Si les négociations avec la Turquie échouent, qu'adviendra-t-il, alors que les relations diplomatiques avec le président Erdogan sont notoirement mauvaises ? "Nous mettrons fin à tout enseignement obligatoire", répond le chef de l'Etat, qui promet en retour la construction d'une "offre périscolaire renouvelée, avec des enseignants en langue et culture turque, françaises et français". 12525 élèves et 192 enseignants de turc sont concernés. Dans le Haut-Rhin, d'où parlait Emmanuel Macron, ce sont plus de 2000 élèves qui reçoivent un enseignement de 

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