UMP-centre : le rapprochement prôné par Juppé provoque de violentes réactions

UMP-centre : le rapprochement prôné par Juppé provoque de violentes réactions

STRATEGIE – Suite à la victoire du FN lors des élections européennes, dimanche 25 mai, Alain Juppé avait émis l'idée d'une "plateforme commune" entre l'UMP et les partis centristes. Une proposition qui a vite trouvé ses détracteurs.

Dimanche dernier, après la nette victoire du Front national  aux élections européennes, Alain Juppé avait proposé un rapprochement entre les forces du centre et l'UMP. Le maire de Bordeaux, qui assure l'intérim à la tête de l'UMP avec François Fillon et Jean-Pierre Raffarin suite à la démission de Jean-François Copé, voudrait mettre en place une "plateforme commune" avec l'UDI et le MoDem. D'après ses propos parus dans Le Figaro de ce samedi, le président de l'UDI, Yves Jégo, ne semble pas très emballé. En tout cas, pas pour le moment.

"L'UDI n'est pas à vendre", rétorque ainsi le député de Seine-et-Marne, avant d'ajouter : "Il n’y a pas urgence à se précipiter dans les bras de tel ou tel leader potentiel de l’UMP". Mais à terme, il reconnaît tout de même que la question pourrait se poser. "Quand l'UMP aura fait son travail de reconstruction, il sera temps d’engager des discussions qui devront forcément réunir toute l’opposition républicaine pour mettre fin à l’expérience socialiste", poursuit celui qui assure l'intérim de Jean-Louis Borloo. Pour lui, l'idée d'une primaire avec des candidats UMP et des centristes n'est pas à exclure en vue de la présidentielle de 2017.

"Une profonde erreur"

Au sein même de l'UMP, la proposition d'Alain Juppé ne fait pas l'unanimité. Loin s'en faut. "C'est une profonde erreur, juge sans détours Laurent Wauquiez dans Le Parisien de ce samedi. On ne répond pas à la crise d'un pays par une combine d'appareil politicien." Le député de la Haute-Loire voit trois raisons principales à ce rejet : "un, cela donne le sentiment que notre seule obsession est de faire barrage au FN au lieu de répondre à la crise du pays. Deux, on sort les calculettes... c'est vraiment de la petite politique. Trois, les Français attendent une UMP qui ait le courage de ses convictions, et pas une droite qui se perd dans des propos mous."

Des propos qui rejoignent la position exprimée par Rachida Dati un peu plus tôt dans la semaine. "L'alliance avec le centre, prônée par quelques-uns, montre que certains n'ont tiré aucune leçon du scrutin de dimanche dernier […]. L'UMP ne doit plus être instrumentalisée pour servir les ambitions personnelles, pour ne pas dire présidentielles, d'un petit nombre de sages autoproclamés", avait attaqué l'ancienne ministre de la Justice dans un communiqué. Plus nuancée, Valérie Pecresse a quant à elle mis en garde contre "une dilution dans un grand parti de la droite et du centre",  sur son compte Twitter . Les semaines à venir, jusqu'au congrès extraordinaire prévu en octobre, s'annoncent animées à l'UMP.

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