UMP : fin de garde à vue pour Jérôme Lavrilleux dans l'affaire Bygmalion

Politique

JUSTICE - L'ex-directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy a avoué avoir utilisé un système de fausses factures avec l'UMP, alors dirigée par Jean-François Copé. Ce mardi, Mediapart a révélé que la fraude aurait porté sur 17 millions d'euros.

Premier à avouer, premier en garde à vue. L'ex-directeur adjoint de la campagne 2012 de Nicolas Sarkozy, Jérôme Lavrilleux, a été placé en garde à vue mardi matin dans l'enquête sur Bygmalion et le financement de cette campagne présidentielle. Il est ressorti à 21 heures, après 12 heures de garde à vue, a indiqué en milieu de soirée son avocat, Me Jean-Yves Leborgne.

Élu député européen le 25 mai dernier, Jérôme Lavrilleux avait reconnu le lendemain que des meetings de Nicolas Sarkozy avaient été indûment facturés par la société Bygmalion à l'UMP pour éviter un dépassement du plafond des dépenses de campagne autorisé par la loi. Lundi, lors d'un entretien à l'AFP, il a affirmé qu'il assumerait ses responsabilités lors de son audition, mais qu'il attendait que chacun fasse de même, évoquant notamment le directeur général de l'UMP, Eric Cesari, et le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert , par ailleurs chef de cabinet à l'Elysée.

Selon Jérôme Lavrilleux, la décision de recourir à de fausses factures payées par l'UMP à Bygmalion a en effet été prise dans le bureau d'Eric Cesari, en présence de ce dernier, de Guillaume Lambert, du patron d'Event and Cie (filiale de Bygmalion) Franck Attal et de la directrice financière de l'UMP Fabienne Liadzé. Toujours lors de cet entretien, il a affirmé avoir été informé de cette solution dans la foulée, mais assure qu'il n'en a parlé ni à Nicolas Sarkozy, ni au patron de l'époque de l'UMP Jean-François Copé, dont il était le directeur de cabinet.

La fraude porterait sur 17 millions d'euros

Dans le même temps, le site Mediapart a dévoilé ce mardi la comptabilité interne de la société Bygmalion lors de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. D'un côté, les factures officielles, avec les tarifs déclarés à la Commission des comptes de campagne. De l'autre, la comptabilité secrète avec les prix réels meeting par meeting, souvent trois ou quatre fois plus élevés.

Les documents révélés par Mediapart ont été récupérés par l'Office central de lutte contre la corruption lors d'une perquisition effectuée au siège de Bygmalion le 26 mai. Sur une clef USB retrouvée par les enquêteurs, une double facturation établie par Event & Cie, la filiale événementielle de Bygmalion, pour 44 meetings électoraux du candidat de l'UMP entre le 16 février et le 4 mai. Le cas du grand meeting de Villepinte organisé le 11 mars est éloquent : un événement qui a coûté 1,8 million d'euros, dont 444.206 seulement déclarés à la Commission des comptes de campagne.

Alors que l'équipe de Nicolas Sarkozy a officiellement réglé 4,3 millions d'euros à Event & Cie pour l'organisation de ses meetings, ce sont en réalité 21,2 millions d'euros qui ont été dépensés, soit 17,7 millions de différence. Alors que le plafond légal des dépenses de campagne est fixé à 22,5 millions d'euros, le compte de Nicolas Sarkozy exploserait donc les limites pour atteindre plus de 39 millions.

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