UMP : les proches de Sarkozy contestent la nouvelle direction du parti

UMP : les proches de Sarkozy contestent la nouvelle direction du parti

POLITIQUE – A peine nommés à la tête de l'UMP pour diriger le parti à partir du 15 juin jusqu'à l'élection prévue en octobre, les trois anciens Premiers ministres François Fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin sont déjà contestés. Certains proches de Nicolas Sarkozy craignent que le trio fasse barrage à l'éventuel retour de l'ex-chef d'Etat.

Dans l'acronyme UMP, le "U" d'union perd de plus en plus son sens. Après les révélations successives liées à l'affaire Bygmalion et la démission annoncée de Jean-François Copé , le parti a tenu à réagir vite afin de ne pas laisser sa présidence vacante. Lors d'une réunion du bureau politique mardi dernier, les trois ex-Premiers ministres François Fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin ont ainsi été nommés à sa direction, à compter du 15 juin et jusqu'à une nouvelle élection prévue en octobre. Sauf que la légitimité de ce triumvirat est déjà remise en cause.

C'est l'ancienne ministre et (très) fidèle soutien à Nicolas Sarkozy, Nadine Morano, qui dénonce le plus ardemment cette nouvelle direction. "J'observe que ceux qui réclamaient avec vigueur les nouveaux statuts les bafouent aujourd'hui", grince-t-elle dans Le Parisien ce dimanche avant d'ajouter : "C'est le vice-président Luc Chatel qui doit assurer l'intérim jusqu'au congrès. C'est la seule voie juridique possible". Comme l'a souligné Le Lab , la nomination de cette nouvelle présidence aurait en effet dû résulter d'un vote. Dans le cas contraire, la présidence de l'UMP revenait légalement au vice-président du parti, en l'occurrence Luc Chatel. Un argument également brandi par l'ex-Garde des Sceaux Rachida Dati mercredi sur RTL.

Que l'UMP "arrête de rajouter des divisions aux divisions"

Claude Guéant, l'ancien ministre de l'Intérieur et toujours proche de Nicolas Sarkozy, ne dit pas autre chose ce dimanche sur Itélé et Europe 1 (avec Le Monde) . La troïka "a la légitimité de ce qu'ils ont marqué le mouvement par les fonctions qu'ils ont exercées. Mais sur un plan juridique, cette auto-désignation n'a rien à voir avec les statuts". Et de rappeler, lui aussi, que Luc Chatel aurait dû prendre l'interim. Il faut "un chef incontesté, complètement légitime" et que l'UMP "se mette en état de faire tout son travail", martèle-t-il.

Réagissant de concert, ces proches de Nicolas Sarkozy craignent sans doute que le triumvirat d'ex-Premier ministre se trouve en mesure de barrer la route à leur champion. Si Jean-Pierre Raffarin n'affiche pas d'ambition présidentielle, Alain Juppé n'en fait pas mystère et François Fillon est déjà déclaré. "Si Nicolas Sarkozy veut revenir c'est maintenant ou jamais", a d'ailleurs lancé Nadine Morano sur Twitter jeudi . Pour calmer le jeu, Laurent Wauquiez a appelé dimanche sur France 3 à ce que "tout le monde joue le jeu et qu'on arrête de rajouter des divisions aux divisions". Mais à peine un peu plus d'un an après la guerre Copé-Fillon, c'est bien une nouvelle bataille, cette fois entre les pros et les anti-Sarkozy, qui semble s'ouvrir à l'UMP.

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