UMP : pourquoi l'élection de Sarkozy est une bonne nouvelle pour le PS

UMP : pourquoi l'élection de Sarkozy est une bonne nouvelle pour le PS

POLITIQUE - Pour le premier secrétaire du PS, l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP est... "une bonne nouvelle". Un élément de langage pour faire contre mauvaise fortune bon cœur, ou une vraie stratégie en vue de 2017 ? Décryptage.

Nicolas Sarkozy, qui se voyait en sauveur de l'UMP, sauvera-t-il finalement le PS ? C'est ce que semble espérer le patron du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, qui a salué l'élection samedi de l'ex-chef de l'Etat à la présidence de l'UMP comme "une bonne nouvelle pour la gauche".

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L'argument du Premier secrétaire du PS tient en une formule : "Le temps de tous contre le PS s'achève", s'est réjoui dimanche le député de Paris lors de l'émission le Grand Rendez-vous (Europe1, iTélé, Le Monde). Désormais, a-t-il insisté, les Français "ne seront plus dans la situation que nous avons connue pendant deux ans, où il n'y avait personne face au PS" : "C'est l'heure des choix, valeurs contre valeurs, programmes contre programmes". Et de proposer, sans perdre de temps, un débat à son nouvel homologue de l'UMP en vue des élections départementales et régionales de 2015.

"Plus facile de refaire l'unité de la gauche face à Nicolas Sarkozy"

Derrière son chef, le PS n'a pas tardé à retrouver ses réflexes, ré-entonnant l'air fameux mais un peu oublié depuis 2012, du "tout sauf Sarkozy". "Il a mené campagne sur sa personnalité, et en guise d'idées il s'est contenté d'hurler avec les loups. Ce n'est pas prometteur pour l'avenir de son parti, déchiré par les combats de chefs à couteaux tirés et miné par les affaires financières", a attaqué dès dimanche Corinne Narassiguin, porte-parole du parti.

Mais l'analyse d'un Nicolas Sarkozy qui ferait automatiquement remonter François Hollande dans les sondages ne convainc pas totalement le sénateur Luc Carvounas, chargé des relations du PS avec les autres partis de gauche. Pour lui, son accession à la tête de l'UMP comporte bien au moins un avantage : "Depuis samedi soir, nous connaissons le nom de l'adversaire en 2017". Mais "on ne construit pas une stratégie de conquête sur les défauts des autres", rappelle-t-il pour metronews: "C'est donc à la gauche de se ressaisir, en arrêtant de nous quereller et en apportant, lors du Congrès du PS (au printemps 2015, ndlr) une vraie majorité de soutien au Président".

Si néanmoins le PS arrive à se redresser, "ce sera effectivement plus facile de refaire l'unité de la gauche face à Nicolas Sarkozy, qui a déjà gouverné et qui est détesté par certains, que face à une personnalité plus attrape-tout comme Alain Juppé", analyse Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d'OpinionWay. Tout en nous confirmant que "le PS ne doit pas se faire d'illusions : tant que la majorité est aussi faible dans l'opinion, il n'y aura pas de bon adversaire à droite pour elle". En clair, pour surfer efficacement sur une nouvelle vague d'antisarkozysme, le PS doit déjà se sauver lui-même.

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