UMP : une rentrée cacophonique

Politique

RENTREE POLITIQUE - A trois mois du congrès qui doit désigner le nouveau président de l'UMP, le parti fait sa rentrée en ordre dispersé. Toujours en quête de chef, il s'est fait peu entendre lors de la crise gouvernementale.

On aurait pu croire qu'avec sa crise gouvernementale et son remaniement express , la gauche avait servi à l'UMP une rentrée sur un plateau d'argent. Pourtant, le principal parti d'opposition semble avoir laissé passer la fenêtre de tir. Car si les critiques de la droite se sont multipliées de façon individuelle ces derniers jours, le triumvirat Juppé-Raffarin-Fillon aujourd'hui à la tête de l'UMP n'a pas sonné la charge d'une même voix contre l'exécutif. Ce n'est que mercredi soir qu'un bureau politique du parti devait se réunir pour "tirer les leçons de la situation politique engendrée par la démission du gouvernement". "Ce mutisme montre un embarras évident au parti", observe pour metronews le politologue Philippe Braud. "D'abord parce que l'orientation de Manuel Valls semble aller dans le sens de ce que réclame l'UMP à cor et a cri, à savoir une accélération des réformes, qui rassure les entreprises et des marchés".

Sur la forme ensuite, "la question du leadership n'est toujours pas tranchée à l'UMP où, si ce n'est plus la guéguerre, on est bien dans un schéma de compétition" à trois mois du congrès qui doit élire son nouveau président, note Philippe Braud. Chacun a d'ailleurs effectué sa rentrée en ordre dispersé. Le premier fut Alain Juppé qui, en annonçant la semaine dernière qu'il était candidat à la primaire pour 2017 , a créé la surprise et grillé la politesse à Nicolas Sarkozy. Ce dernier doit en effet annoncer ses ambitions durant la première quinzaine de septembre.

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L'ombre de Nicolas Sarkozy

Lancé lui aussi pour 2017, c'est François Fillon qui a effectué son grand retour médiatique mercredi, chez lui dans la Sarthe. Et s'il a marqué sa rentrée par un discours éminemment critique à l'encontre de François Hollande, l'ancien Premier ministre n'a pas pour autant oublié de dézinguer Nicolas Sarkozy, sans jamais le citer. Comme lorsqu'il a rejeté sa stratégie de l'homme providentiel : "Nul ne peut se penser infaillible ou incontestable. Il faut répondre, argumenter, se remettre en question", a-t-il ainsi lancé devant les militants UMP. Ou mercredi soir, sur TF1 , lorsqu'il a insisté sur "les scandales financiers" qui touchent l'UMP et qui visent notamment l'ex-chef d'Etat.

Après François Fillon, ce sera ensuite au tour des Jeunes Populaires de l'UMP d'organiser leur rentrée ce week-end au Touquet (Pas-de-Calais), un campus où Bruno Le Maire et Hervé Mariton, tous deux candidats à la présidence du parti, mais aussi Xavier Bertrand, sur les rails pour 2017, sont annoncés. Pas de doute, le tempo médiatique de l'UMP en cette rentrée est bel et bien tourné... vers l'UMP. Chacun joue sa partition, suspendu au retour de Nicolas Sarkozy. Ce dernier, tout juste rentré de ses vacances à Bali, a rejoint ses bureaux à Paris où il prépare cette fois non pas une rentrée, mais un véritable come-back.

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