UMP : Wauquiez vs NKM, le match du réac et de la bobo

UMP : Wauquiez vs NKM, le match du réac et de la bobo

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POLITIQUE - En nommant un tandem composé de Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez à la direction de l'UMP, Nicolas Sarkozy a fait le choix de la synthèse entre deux lignes politiques opposées. Au risque que cette délicate mayonnaise tourne vite...

A la tête de l'UMP désormais, il y a un numéro deux et un numéro deux bis. Jusqu'à cette semaine, le bras droit du président était le secrétaire général, poste qui est revenu vendredi à Laurent Wauquiez. Mais la veille, Nathalie Kosciusko-Morizet lui est passée devant en étant nommée vice-présidente déléguée, c'est-à-dire... nouvelle numéro deux ! C'est le compromis trouvé par Nicolas Sarkozy au terme d'une rude bataille en coulisses, pour que NKM, qui refusait d'être placée sous l'autorité de Laurent Wauquiez, intègre malgré tout les instances dirigeantes de l'UMP. Une synthèse entre deux personnalités antagonistes qui augure d'un sacré match...

Loin d'être seulement une bataille d'ego, la rivalité Wauquiez-NKM incarne en effet la compétition entre deux lignes politiques. Durant sa course à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet s'est forgée une image de "bobo", ouverte sur les questions sociétales. Pendant que Laurent Wauquiez, surfant sur la Manif pour tous, n'a cessé depuis un an de droitiser son discours. Un contraste mis en lumière ces dernières semaines avec la relance du débat sur le mariage pour tous à l'UMP. "Je veux abroger la loi Taubira", a affirmé Laurent Wauquiez, ce que NKM juge "ni souhaitable, ni possible".

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Bien au-delà du mariage, l'élue de Paris reproche au député de Haute-Loire, selon un indiscret du Canard enchaîné la semaine dernière, d'être "un homme dangereux" et de faire "du Buisson". En référence à l'ancien conseiller du président Sarkozy, Patrick Buisson, qui avait théorisé la ligne très droitière de sa campagne en 2012. Refrain que Laurent Wauquiez a largement ré-entonné depuis, fustigeant tour à tour le "cancer de l'assistanat" et les "dérives de l'aide médicale d'Etat" aux étrangers, ou encore prônant le repli de l'Europe sur une union à six .

En misant à la fois sur ces deux lignes, Nicolas Sarkozy espère sans doute réussir à parler à son électorat conservateur, très en forme depuis la Manif pour tous, tout en gardant la porte ouverte au centre, avec lequel il espère bien s'allier en vue de 2017. Quitte à forcer le parti au grand écart ? Dans l'entourage du président, on préfère parler de "rassemblement". "On a souvent reproché à l'UMP d'être étriqué, c'est tout le sens du rassemblement que d'associer des personnalités très diverses pour définir ce qu'est un grand mouvement de droite", nous confie-t-on ce jeudi. En soulignant que la ligne ne sera pas définie par NKM ni par Laurent Wauquiez mais bien "par toute l'équipe, sous l'impulsion du président du parti". Et en insistant sur une répartition claire des rôles : à NKM "la refonte des statuts du mouvement, la rénovation du parti, les relations avec les autres formations politiques et la stratégie électorale". A Wauquiez "les aspects opérationnels et fonctionnels".

Reste que l'équipe de Nathalie Kosciusko-Morizet n'a pas traîné pour marquer son territoire. Dès l'annonce de sa nomination, son entourage a claironné qu'une "totale liberté de parole" lui avait été garantie "sur tous les sujets" et qu'elle serait chargée de "définir la ligne politique du parti avec les secrétaires nationaux thématiques". Une attribution qui ne figure pas du tout dans le communiqué officiel de l'UMP. Mais l'important, dans une bataille, n'est-il pas d'avoir un coup d'avance sur l'adversaire ?

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