Un maire de l'Eure s'endette sur 20 ans pour que sa commune garde un commerce : "C'est un héros"

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INITIATIVE - Benoît Hennart, maire de Quittebeuf, village de 639 habitants dans l'Eure, a emprunté 200.000 euros à son propre nom pour permettre au commerce local de survivre. Un acte "héroïque" pour le député LREM Patrick Vignal, président de "Centre-ville en mouvement", qui demande que l'édile soit reçu à l'Assemblée nationale.

Benoît Hennart, "héros" malgré lui. Les messages de reconnaissance ne cessent d'affluer sur les réseaux sociaux depuis que l'initiative du maire de Quittebeuf, commune rurale de 639 habitants dans l'Eure, a été rendue publique.


Pour sauver l'activité de ce village concerné, comme tant d'autres, par la désertification, l'édile n'a pas hésité à s'endetter personnellement à hauteur de 200.000 euros sur vingt ans. Une somme qui a permis à cet ancien ouvrier du bâtiment de racheter un ensemble immobilier pour y réaménager un bar ainsi qu'une épicerie, des locaux aujourd'hui loués à un couple qui en assure la gestion. "Je préfère m'endetter moi plutôt qu'endetter la commune", a simplement expliqué Benoît Hennart devant les caméras de TF1 pour expliquer son choix. "Ça évitera d'augmenter les impôts..."

"Un héros"

La médiatisation de cette initiative n'a pas échappé, notamment, au député LREM de l'Hérault Patrick Vignal, président de l'association d'élus locaux Centre-ville en mouvement, qui milite précisément pour la renaissance du coeur des communes. Ce dernier rendra visite lundi à l'édile de Quittebeuf. "Quand j'ai découvert le reportage sur sa commune, je l'ai appelé", raconte Patrick Vignal à LCI. "Je lui ai dit : 'Vous êtes un héros'. Vous imaginez le risque financier qu'il prend ? C'est cela, l'engagement". 


Le député LREM nous précise qu'il va demander à François de Rugy, président de l'Assemblée, que Benoît Hennart soit "reçu par la représentation nationale". "On reçoit des chefs d'Etats. Eh bien lui sera mon chef d'Etat à moi !" Pour l'élu montpelliérain, "à la fois ravi et peiné" par l'initiative du maire de Quittebeuf, le fait qu'un élu prenne "un crédit sur 20 ans pour relancer la cohésion sociale" est emblématique de la situation d'un grand nombre de communes françaises. "On est en train de tuer les centres-villes", assure le député, qui réclame notamment un "moratoire d'un an" sur l'ouverture de nouvelles grandes surfaces commerciales à proximité de ces villes et un plan de soutien aux petits commerces. 


Le maire de Quittebeuf a d'ores et déjà annoncé qu'il comptait emprunter à nouveau 50.000 euros, cette fois pour transformer une grange en une nouvelle boucherie... "Emmanuel Macron a promis de débloquer 5 milliards d'euros pour les centres-villes", rappelle Patrick Vignal. "Je ne peux pas imaginer qu'entre les communautés de communes et l'Etat, on ne puisse pas trouver un moyen de l'aider à financer ces 50.000 euros."

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