Un maire sur deux ne souhaite pas se représenter aux élections municipales de 2020

Un maire sur deux ne souhaite pas se représenter aux élections municipales de 2020

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CRISE DES VOCATIONS - Selon une étude réalisée par le Cevipof et l'Association des maires de France, un maire sur deux envisage de ne pas de se représenter aux municipales de 2020. Les raisons : l'envie de se consacrer à sa vie professionnelle et familiale, des administrés de plus en plus exigeants et des intercommunalités réduisant leurs marges de manœuvre.

Le mal-être des élus locaux est bel et bien une réalité, traduite assez clairement dans l'étude publiée ce jeudi 15 novembre par le Cevipof. A partir du fichier des maires de France, le centre de recherches politiques de Sciences-Po a envoyé un formulaire de 63 questions aux 35.357 maires de France , et a obtenu des réponses de la part de 7141. Il a ainsi pu en conclure que la moitié d'entre eux ne souhaite pas se représenter en 2020. 


Alors qu'en 2014, 40% des maires avaient été renouvelés aux élections municipales, en octobre 2018 la part élevée d'élus indiquant ne pas vouloir se représenter laisse augurer un plus fort renouvellement dans un an et demi. Si un tel renouvellement traduirait "une vitalité de la démocratie", il "met aussi en exergue  une certaine crise des vocations", selon cette enquête rendue publique à quelques jours du congrès des maires, du 19 au 22 novembre.

Toutefois, de fortes disparités apparaissent selon la taille des communes. Ainsi, si 55% des maires des communes de moins de 500 habitants envisagent d'abandonner leur mandat, ils ne sont que 28% dans les communes de 5.000 à 10.000 habitants et 9% dans celles de plus de 30.000.

71% des maires veulent privilégier leur vie professionnelle et familiale

Mais pourquoi un tel renoncement est-il exprimé par les maires des petites communes ? Les raisons multiples de cette tendance traduisent "une forme de résignation des maires contenue par un sens du devoir", souligne l'enquête. L'âge du maire est un élément déterminant dans la décision d'abandonner tout mandat. Et deux explications reviennent : 71% d'entre eux mettent en avant leur souhait de privilégier leur vie professionnelle et familiale et 52% estiment avoir rempli leur devoir civique.


33,9% des maires invoquent le manque de moyens financiers pour assumer leur fonction et 14,8% le manque de personnels. "De manière plus alarmante", 36% des maires expliquent avoir "de plus en plus de difficultés à satisfaire les demandes de leurs administrés". Le lien entre l'élu et la population est ainsi de plus en plus perçu "comme une relation entre citoyen 'contribuable' et maire 'fournisseur de services'". Nombre de maires expriment enfin leur sentiment d'être dépossédés de leur 

capacité d'action au sein des intercommunalités. 

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