Un maire veut "trier" les migrants : "Certains utilisent cette crise comme prétexte"

Un maire veut "trier" les migrants : "Certains utilisent cette crise comme prétexte"

INTERVIEW - Comme deux autres villes de droite, Charvieu-Chavagneux (Isère) s'est dite prête mardi soir à accueillir des réfugiés mais "à la condition expresse" qu'ils soient chrétiens, ajoutant dans sa délibération que ceux-ci "ne procèdent pas à la décapitation de leur patron". Interrogé par "metronews" à la suite de cette sortie polémique, le maire de la commune s'explique.

Accueillir des réfugiés, à la "condition expresse" qu’ils soient chrétiens. C’est la proposition adoptée à l’unanimité mardi par le conseil municipal de Charvieu-Chavagneux (Isère), qui devient ainsi la troisième commune à conditionner son hébergement à la religion. Une posture qui agace au plus haut sommet de l’Etat, le Premier ministre Manuel Valls ayant sèchement répliqué à ces élus mardi soir.

Du côté de Charvieu-Chavagneux, on justifie ce choix par diverses raisons. La municipalité, pas franchement embarrassée par les amalgames, assure en effet "que les chrétiens ne mettent pas en danger la sécurité d'autrui ; qu'ils n'attaquent pas les trains armés de kalachnikov, qu'ils n'abattent pas des journalistes réunis au sein de leur rédaction et qu'ils ne procèdent pas à la décapitation de leur patron comme nous l'avons vu à quelques kilomètres de notre commune". Une nouvelle polémique en vue pour le maire divers droite Gérard Dézempte (cf. encadré, à l'encontre duquel une plainte a été déposée mercredi par SOS Racisme . Mais contacté par metronews, assume pleinement ses prises de position radicales. Non sans autres provocations...

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Votre commune s'est dite prête à accueillir des réfugiés mais "à la condition expresse" que ce soit des chrétiens. Pourquoi ce choix ?
Nous ne pouvons pas être indifférents au sort des chrétiens qui, depuis bientôt deux siècles, sont martyrisés - et, au-delà, aux drames humains qui se jouent actuellement au Proche-Orient ou en Afrique. Nous avons donc analysé la situation au sein du conseil municipal et estimé que nous avions nos responsabilités à prendre.

Oui, mais le Premier ministre s’est opposé à votre position, estimant qu’"on ne trie pas en fonction de la religion. Le droit d'asile, c'est un droit universel". Que lui répondez-vous ?
Il dit ce qu’il veut. Selon moi, le Premier ministre Manuel Valls, c’est d’abord un torero à la chemise mouillée qui vient de Catalogne et qui ne peut plus exercer la tauromachie là-bas car elle est interdite. (sic)

Dans sa délibération, votre commune cite l'appel du pape François à accueillir des réfugiés. Sauf que celui-ci n’a fait aucune distinction selon les confessions...
Nous, nous faisons cette distinction. Dans ses déclarations, j'ai parfois vu le pape agir comme un secrétaire général de l’ONU. Ce n’est pas son rôle. Comme par exemple il y a quelques jours, quand il est allé dans certaines boutiques de Rome pour s’acheter des lunettes. C’est son côté sarkozyste !

N’avez-vous pas le sentiment de résumer la crise migratoire au seul sort des chrétiens d’Orient ?
Je ne comprends pas qu’il y ait d’autres réfugiés que des chrétiens. Certains utilisent cette crise comme prétexte. Les musulmans se battent entre eux et, personnellement, je ne connais pas suffisamment les choses pour être arbitre en la matière. Mais concernant les chrétiens, à force de les massacrer, il n’y en aura bientôt plus !

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Les accusations de discrimination dont vous faites l’objet depuis mardi seraient donc infondées ?
Je dis juste que nous avons un devoir envers les chrétiens. Je ne parle pas des autres. Je dis seulement que parmi eux, il peut y avoir des djihadistes et je ne veux pas exposer mon pays à cela. Et j’estime que les pouvoirs publics feraient bien d’en prendre de la graine, à l’heure où ils sont incapables de défendre les Français.

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