Un rapport veut rajeunir la classe politique : "Une première étape vers la discrimination positive"

Un rapport veut rajeunir la classe politique : "Une première étape vers la discrimination positive"
Politique

INTERVIEW - La sociologie Marie-Cécile Naves, co-auteure du rapport sur l'engagement des jeunes, revient pour metronews sur les mesures proposées pour rajeunir la classe politique. Des propositions qui ne font pas l'unanimité.

Un rapport remis cette semaine au gouvernement par France Stratégie propose des mesures drastiques pour renouveler notre classe politique. Les principaux intéressés réagissent vivement.  Marie-Cécile Naves, co-auteure du document , s'explique.

Vous proposez d'instaurer des quotas au sein des partis pour rajeunir les candidats aux élections. Peut-on parler de discrimination positive ?
Dans un premier temps, nous invitons les partis à s'engager, à travers une charte, à proposer plus de jeunes à l'investiture pour les élections. C'est une première étape vers la discrimination positive. Après, nous laissons entendre que, si cette charte ne fonctionne pas, il serait possible d'envisager des quotas. C'est une révolution culturelle qui est proposée ici.

La mesure visant à mettre à la retraite les élus de 70 ans fait réagir la classe politique. Vous vous y attendiez ?
On a surtout entendu les réactions des parlementaires. Nous avons eu de nombreux retours positifs par ailleurs. Cette proposition n'a pas été lue en totalité. Pour nous, il s'agit avant tout d'aligner les élus sur la mise à la retraite d'office, qui prévaut pour les salariés du public et du privé. Précisons que si le non-cumul des mandats était instauré, la question de la retraite à 70 ans se poserait moins.

EN SAVOIR +
>> Rajeunissement des élus : le rapport qui enflamme la classe politique
>> Cumul des mandats : est-ce vraiment la fin ?

Le rapport réclame (encore) un débat sur le droit de vote à 16 ans…
Jusqu'ici, le débat sur l'abaissement du droit de vote de 18 à 16 ans n'a pas abouti. Le constat est que la société française a du mal à faire confiance à sa jeunesse. Mais à 16 ans, on peut par exemple être condamné à une peine de prison. Il faut être cohérent vis-à-vis du droit. Cela dit, cette mesure n'a de sens qu'en tenant compte d'autres propositions, comme celle de favoriser les débats au lycée ou d'instaurer un "Parlement des jeunes".

Pourquoi vouloir installer des bureaux de vote dans universités ou dans les Maisons des jeunes et de la culture (MJC) ?
La distance est l'une des raisons de l'abstention chez les étudiants, contraints de faire une procuration pour voter dans leur commune d'origine. Ce type de mesure pourrait être assez simple à mettre en œuvre.

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