Un syndicat étudiant estampillé FN va voir le jour à la rentrée prochaine

Politique
CAMPUS - Ce n’était jusqu’à présent qu’un think-tank d’étudiants composé de sympathisants du FN. Mais à la rentrée prochaine, le collectif Marianne deviendra un syndicat étudiant, qui compte bien populariser les idées frontistes dans les universités françaises.

"Ce sera un combat de longue haleine, mais il n’y a pas de citadelle imprenable". Daniel Auguste, étudiant en droit à Paris et président du collectif Marianne, veut y croire. A partir de la rentrée prochaine, un nouveau syndicat étudiant, affilié au FN, verra le jour dans les universités françaises. 


Créé en 2014, le collectif Marianne n’était pour l'instant qu’un think-tank d’étudiants encartés au FN. Mais ses statuts viennent d’être modifiés afin d’en faire un véritable syndicat étudiant comme l’Unef ou encore la Fage, comme l'a révélé L'Etudiant


Leur combat est simple : tenter d'implanter le FN dans les universités et surtout populariser ses idées. Comme toutes les organisations de ce type, il veillera à défendre l’amélioration des conditions de vie des étudiants. Mais pas seulement. "Nous voulons défendre la réaffirmation de la place de la nation dans l’enseignement universitaire", explique à LCI Daniel Auguste.

On prendra peut-être 10 ou 15 ans mais notre syndicat ne fera pas pschitt Daniel Auguste

La laïcité sera également l’un de leurs chevaux de bataille. A ce titre, il souhaite faire interdire le voile à l’université. "Nous sommes pour une extension de la loi de 2004 (sur les signes ostensibles de religion dans les écoles, collèges et lycée publics) à l’université. Nous voulons que les étudiantes soient considérées uniquement comme des étudiantes et non pas comme des représentantes d’une religion", indique le président du collectif Marianne, pour qui "les grandes croix" et "les kippas" devront également être interdites.


Ce jeune secrétaire d’arrondissement FN à Paris sait que l’implantation de son syndicat dans toutes les universités françaises ne se fera pas d’un claquement de doigt. "On prendra peut-être 10 ou 15 ans, mais notre syndicat ne fera pas pschitt. Il est fait pour durer dans le temps", espère-t-il. Dans un premier temps, l’objectif est d’être présent dans 30 à 40% des campus, prévoit Daniel Auguste. 


Un pari loin d’être gagné, d’autant que les autres syndicats étudiants n’accueilleront pas ce nouveau venu les bras ouverts. Le FN a encore mauvaise presse dans les universités et les grandes écoles. En novembre dernier, des étudiants de Sciences Po Paris étaient parvenus à empêcher la tenue dans leur école d’un débat dans lequel le vice-président du FN, Florian Philippot, devait intervenir.

Mais cette crainte semble toutefois ne pas effrayer Daniel Auguste. "Ce serait un peu étonnant qu’ils nous accueillent mal puisque ce sont des organisations qui défendent la démocratie et le pluralisme", fait-il remarquer presque sans ironie. 

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