Une ex-collaboratrice porte plainte pour agression sexuelle contre un député LREM, ce dernier se dit victime de "calomnies"

Une ex-collaboratrice porte plainte pour agression sexuelle contre un député LREM, ce dernier se dit victime de "calomnies"

Politique
JUSTICE - France Info a recueilli le témoignage de l'ancienne attachée parlementaire du député LREM de Moselle Christophe Arend, l'accusant de "harcèlement" et "d'agression sexuelle". Ce dernier a indiqué avoir porté plainte pour dénonciation calomnieuse.

Une ancienne collaboratrice du député LREM de la 6e circonscription de Moselle Christophe Arend a annoncé avoir porté plainte contre ce dernier pour "harcèlement sexuel" et "agression sexuelle". Le député, connu pour être celui qui a vaincu l'ancien numéro 2 du FN Florian Philippot aux législatives, est accusé par la jeune femme, une cheffe d'entreprise de 29 ans, de gestes déplacés, de remarques sexistes mais aussi de lui avoir touché les seins et mis un doigt dans la bouche. 


L'ex-attachée parlementaire, qui avait dirigé la campagne du candidat aux législatives, a raconté à France Info avoir subi tout d'abord des réflexions sur son physique : "J'ai une belle vue, t'as de belles fesses, ouais, il te va bien ce pantalon", aurait-il notamment lâché à sa collaboratrice, qui décrit "un crescendo" au fil de la campagne. "Une fois", raconte la jeune femme, "c'était tard dans la nuit, il m'a embarqué sur ses épaules jusqu'au bout du couloir. Il avait son corps à quelques centimètres de moi et je lui ai dit : 'laisse-moi repartir, je ne supporte pas que tu me retiennes'". Après son élection, le 18 juin, le député, qui est par ailleurs dentiste de profession, lui aurait également "pincé les seins", puis "enfoncé un doigt dans la bouche" en lui disant : "Moi, je suis médecin donc j'ai un droit d'effraction corporelle."


La jeune femme, qui a interrompu sa période d'essai, a repris son entreprise en septembre. Elle a indiqué à France Info avoir choisi de témoigner après l'éclatement de l'affaire Harvey Weinstein aux Etats-Unis.  

Le député dépose plainte

Sollicité par plusieurs médias, Christophe Arend a nié en bloc les accusations, annonçant à France Bleu Lorraine avoir déposé plainte pour "dénonciation calomnieuse", assurant que cela faisait "plusieurs jours" qu'on essayait de lui "nuire". Son avocat, maître Estelle Baton, a confirmé la plainte dans un communiqué, précisant que "de telles accusations sont graves et entachent considérablement l'honneur et la dignité" du député. 


Un député LREM sollicité par LCI a indiqué que le groupe LREM "interrogeait Christophe Arend et sa collaboratrice actuelle" au sujet de ces accusations, réfutant qu'il s'agisse pour autant d'une "enquête interne" et appelant à "la prudence".  Dans un communiqué publié dans la soirée, les député(e)s du groupe LREM ont pris acte des "graves accusations portées à l'encontre de Christophe Arend" tout en indiquant qu'il bénéficiait de la présomption d'innocence. "Il appartient à la justice et à elle seule de faire la lumière." 


Le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, a fait savoir dans un communiqué, sans évoquer directement l'affaire, qu'un référent était à la disposition des collaborateurs parlementaires pour évoquer "des situations de harcèlement ou des comportements inappropriés dans leur relation de travail". "Concernant des députés qui pourraient être mis en cause", ajoute-t-il, "le droit commun doit s'appliquer. Les députés mis en cause ne sauraient bénéficier d'aucun statut particulier". 

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