Une manifestation émaillée d'incidents contre le texte limitant la diffusion d'images des forces de l'ordre

Une manifestation émaillée d'incidents contre le texte limitant la diffusion d'images des forces de l'ordre

TENSIONS - Plusieurs milliers de personnes se sont réunies dans toute la France pour dire non à la proposition de loi "sécurité globale". En cause ? L’article controversé sur l’encadrement de la diffusion d’images des policiers que les protestataires jugent préoccupant.

"Loi liberticide!" : plusieurs centaines de manifestants en colère ont noirci les rues aux alentours de l'Assemblée nationale, mardi 17 novembre. En fin de journée, l'atmosphère s'est tendue entre les protestataires et les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. En France, ce sont plusieurs milliers de personnes qui ont protesté contre la proposition de loi "sécurité globale" portée par la majorité LREM et leurs alliés Agir. Des rassemblements étaient organisés à Rennes à Lyon ou encore à Toulouse.  

Alors que l’examen du texte démarrait ce même jour, les protestataires estiment que la proposition de loi empêcherait les journalistes et citoyens de filmer les forces de l'ordre durant les manifestations. Dans le viseur des contestataires : son article 24. Ce dernier prévoit de pénaliser d'un an de prison et 45.000 euros d'amende la diffusion de "l'image du visage ou tout autre élément d'identification" d'un policier ou d'un gendarme en intervention, lorsque celle-ci a pour but de porter "atteinte à son intégrité physique ou psychique".

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Mais ces dispositions sont jugées trop restrictives pour ses détracteurs. En effet, les syndicats de journalistes qui ont appelé au rassemblement au côté de la Ligue des droits de l'homme, d'Amnesty International et d'autres organisations comme Reporters sans frontières, estiment qu'elle revient de fait à interdire aux journalistes et aux citoyens de filmer les policiers en action, et empêcherait, par exemple, de documenter les violences policières.

L'image est là pour établir la vérité- Emmanuel Poupard, du SNJ

"Demain on ne pourra plus faire de directs, alors que l'image est là pour établir la vérité", a dénoncé Emmanuel Poupard, du Syndicat national des journalistes (SNJ). Selon Arié Halimi, de la Ligue des droits de l’Homme, "cette loi n’a pas d’utilité parce que dans le droit pénal français, il y a déjà plusieurs dispositions pour protéger les policiers et sanctionner" ceux qui voudraient leur nuire.

Côté politique, certains partis de l'opposition on exprimé leur inquiétude face à cette proposition de loi. A gauche, La France insoumise (LFI) dénonce le risque "d’autocensure" quand le socialiste Hervé Saulignac estime que "même Sarkozy n’était jamais allé aussi loin". Enfin, Jean-Christophe Lagarde (UDI), dénonce un article "mal fichu".

Face à cette pluie de critiques, le gouvernement tente de jouer l’apaisement. Mardi 17 novembre, le chef de file des députés LaREM, Christophe Castaner, a tenté de déminer un texte "loin des caricatures". "Ni la liberté de la presse, ni le droit à l'information, ni le fait de pouvoir filmer à n'importe quel moment les forces de sécurité intérieure en intervention ne sont remis en question", a promis l'ex-ministre de l'Intérieur.

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