"Une sale crasse", "une épreuve" : les militants pro-Griveaux sonnés après la déflagration

"Une sale crasse", "une épreuve" : les militants pro-Griveaux sonnés après la déflagration

RÉACTIONS - Coup de tonnerre ce vendredi matin : Benjamin Griveaux renonce aux municipales parisiennes. La campagne électorale vire au cauchemar pour le candidat d'En Marche mais aussi pour ses militants. Qu'en pensent celles et ceux qui, jusqu'ici, ont fait campagne à ses côtés ? Nous les avons interviewés.

"Au-delà du candidat, c’est un homme qu’on détruit", "Une méga boule puante", "On réduit nos combats à de la politique de caniveau"… Les militants LaREM, fervents soutiens de Benjamin Griveaux, continuent de l’être après l'annonce ce vendredi de son retrait des municipales parisiennes. Exemple avec Corentin, jeune adhérent ayant tracté ces trois derniers mois pour Benjamin Griveaux dans le 2e arrondissement. "Il a été une victime d’une sale crasse, on ne combat pas des idées en s’attaquant à l’homme, ce n’est pas lui le coupable dans cette affaire, c’est sur ceux ayant fait tomber Griveaux de cette façon que l’opprobre doit être jetée", faisant référence au "revenge porn", cette vengeance pornographique passible de 2 ans d’emprisonnement et 60 000 euros d’amende par l’article 226-2-1 du Code pénal modifié par la loi pour une République numérique.

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Griveaux emporté par la divulgation d'une sextape

Condamnation également pour l'ancien candidat à l'investiture Antonio Duarte, encarté chez l'Union des Démocrates et des Écologistes et chez LaRem, ambitionnant d'être le premier maire écologiste de Paris et ayant rejoint la campagne de Benjamin Griveaux : "Benjamin m’a convaincu de la solidité de son engagement et de son projet de faire de Paris la première capitale verte pour gagner Paris", raconte-t-il à LCI. "Son programme (présenté ce jeudi, ndlr) me convenait parfaitement. Alors, je vis l’annonce de son retrait ce vendredi matin comme une épreuve. Il a pris une décision courageuse, forcément personnelle, qui ne se discute pas. Et j’ai une pensée pour l’homme, pour sa famille."

Il n’y a pas de débat sur notre engagement, c’est une décision qui lui appartient et qu’il faut respecter.- Antonio Duarte

Beaucoup s’étonnent, notamment sur les réseaux sociaux, d’une décision aussi rapide et déterminée. Mais pas Antonio Duarte : "C'est totalement à l’image de Benjamin Griveaux, en accord aussi avec l’état d’esprit d’En Marche : les valeurs éthiques, le respect, le sens du collectif". Reprenant les éléments de langage du camp Griveaux, il assure que la décision "a été prise en conscience, de manière rapide. Il ne voulait pas mettre en difficulté le collectif comme le projet qu’il a construit. C’est ce qui l’honore, très clairement. Benjamin Griveaux est l’incarnation politique, le pilier de l’équipe et, comme un capitaine, il sait prendre une décision quand il la juge bonne".

Une allusion à un certain François Fillon, fauché en pleine campagne présidentielle et qui s'était accroché jusqu'au bout, condamnant son camp à une défaite sans précédent : "On a connu pendant les présidentielles d’autres affaires, autrement plus graves car liées au fonctionnement de la vie publique et non des affaires purement privées."

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C’est comme s'il cédait finalement au chantage, je ne comprends pas- Un militant LaREM

L’onde de choc n’en reste pas moins réelle et palpable dans les réactions que nous avons recueillies. Un adhérent, qui a souhaité rester anonyme, ne comprend pas que Benjamin Griveaux retire sa candidature : "Suite à un chantage, il retire sa candidature, c’est comme s'il cédait finalement au chantage. Je continuerai à soutenir En Marche mais je ne comprends pas..." 

Anne, militante En Marche, ne cache pas son désarroi. Non pas en raison du retrait de Griveaux mais sur "les formes de violence de cette campagne pour les "municipales" qu’elle juge "très préoccupantes". Sophie, autre marcheuse, n'a pas digéré la réaction d'Anne Hidalgo, qui a pris "acte du retrait de Benjamin Griveaux" de la course. Une réaction un peu froide, pour la marcheuse : "Mais pour qui se prend-elle ? Quand va-t-on en terminer avec cette indécente boursouflure ?

C’est un échange privé consentant, il n’y a aucune infraction pénale "- Antonio Duarte

Une indignation que ne partage pas Antonio Duarte : "Tous les adversaires politiques ont eu une réaction très digne". Persuadé que "cette affaire n’aurait pas été un sujet de campagne", il déroule : "C’est une attaque privée sur la personne, on ne respecte pas les règles démocratiques et républicaines qui doivent être les nôtres. Je condamne fermement l’agissement des personnes ayant contribué à révéler ces faits-là". Des faits tellement éloignés des sujets de la municipale : "Si le sujet avait été sur l’ordre du débat public, la moralisation de la vie publique, qui serait incompatible avec notre débat... [...] Mais cela ne regarde que lui et sa famille et cela n’a pas lieu d’être étalé sur la place publique".

Le principal, insiste-t-il, est que l'échange intime qui a poussé Griveaux vers la sortie est "un échange privé consentant. Il n’y a aucune infraction pénale répréhensible et ça doit rester privé. C’est donc un épiphénomène de mon point de vue. Il faut se concentrer sur l’essentiel : Paris est une ville qui va mal, qui est devenue irrespirable, qui reste très chère, et c’est sur ces problématiques-là qu’il faut répondre." 

Un message reçu par Corentin, convaincu qu'il n'y a aucune raison d’abandonner, surtout après le départ de Benjamin Griveaux : "On est dans une campagne d’idées, pas dans une campagne de caniveau. [...] Tout le monde est déjà sur le terrain, en campagne. On va continuer de fédérer les Parisiens dans notre projet, c’est la seule chose qui compte."

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