Une tribune prétend que le gouvernement "supprime la notion d'immigration illégale", le FN s'emballe

Politique
IMMIGRATION – Plusieurs cadres du Front national se sont insurgés, ce samedi sur Twitter, contre ce qu'ils ont vu comme la suppression "de fait, de la notion d'immigration illégale". Sauf que leur source semble s'être un peu emballée. Explications.

De l'art de vérifier ses sources. Plusieurs élus FN ont relayé, ce samedi, une tribune du Figaro Vox, un site participatif très droitier, qui s'emporte contre, est-il écrit, une "inflexion de la conception française de l'immigration". Initialement titré la "circulaire passée sous silence qui supprime la notion d'immigration illégale", ce texte dénonce ce qui, selon son auteur, s'apparenterait à la disparition pure et simple, dans le droit français, de la notion d'immigration illégale.

"Le migrant en situation irrégulière n'a plus vocation à être reconduit dans son pays, mais à être accueilli en France et pris en charge par la puissance publique, au même titre qu'un étranger en situation régulière ou qu'un citoyen français en difficulté", explique celui qui écrit sous le pseudonyme d'Alexis Théas, présenté comme un "universitaire et juriste". Il conclut : "De facto, le principe ainsi proclamé abroge l'idée de frontière ou de respect du droit de l'entrée et de séjour".

"Ils organisent la submersion", croit y voir Marine Le Pen

Sur Twitter, cet article a provoqué l'indignation de plusieurs responsables FN, de Marine Le Pen, à Stéphane Ravier, en passant par Gilbert Collard. Mais aussi celle de la députée LR Valérie Boyer.

Sauf que l'auteur de l'article, renommé depuis "le communiqué qui nie la notion d'immigration illégale", semble s'être quelque peu emballé, souligne LeLab , qui a repéré et démonté cette histoire. Loin de modifier le droit français, ce communiqué , que l'on trouve facilement sur le site du ministère de l'Intérieur, est en réalité une simple charte de fonctionnement des Centres d'accueil et d'orientation (CAO) des migrants.

Une interprétation grossière

"La prise en charge en CAO doit permettre aux personnes migrantes sans-abri de bénéficier d’un temps de répit et d’engager, si elles le souhaitent, une démarche de demande d’asile", est-il écrit sur ce communiqué commun des ministres de l'Intérieur et du Logement, Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse. "Elle leur permet également d’avoir accès à une offre de soins adaptée et d’être orientées rapidement vers des structures qui correspondent à leur situation".

Dans ce simple cas particulier, l'auteur du Figaro Vox voit un changement "capital sur le plan de l'évolution des mentalités et de l'idéologie politique française". Une interprétation totalement erronée, explique une source au ministère de l'Intérieur, contactée par LeLab : "Le Figaro fait une présentation scandaleuse de la banale charte des CAO en expliquant que c'est la consécration de l'abolition de la frontière entre immigration régulière et immigration illégale. Tout est faux dans cet article".

Comme le rappelle, LeLab, une fois la procédure de demande d'asile engagée, les migrants ne sont plus, de fait, pris en charge par ces centres, et risquent l'expulsion, si leur demande est rejetée. Nous sommes donc bien loin de la suppression de la notion d'immigration d'illégale.

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