Union nationale : Frédéric Lefebvre a "eu honte" de la droite à l'Assemblée

Union nationale : Frédéric Lefebvre a "eu honte" de la droite à l'Assemblée

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UNION NATIONALE - L'opposition a rompu mardi, à l'Assemblée nationale, la trêve politique avec la majorité socialiste, à peine quatre jours après les attentats de Paris. Une attitude qui a attiré de nombreuses critiques, en particulier au sein de la droite. Interrogé par metronews, le député Frédéric Lefebvre ne cache pas sa colère.

Lundi à l'Assemblée nationale, Christiane Taubira et Manuel Valls ont été hués par l'opposition lors des questions au gouvernement, rompant l'unité nationale après les attentats. Comment jugez-vous cette attitude ?
J'ai découvert les images en atterrissant à Houston (Etats-Unis), dans ma circonscription. J'ai eu honte. Pour dire vrai, je fuis les questions au gouvernement qui sont un cirque pitoyable. Mais oser, en temps de guerre, se comporter ainsi est indigne. La veille, au congrès, en dehors de quelques rares collègues parlementaires restés assis ou les bras croisés, nous avons sincèrement et longuement applaudi le discours du président de la République . Malheureusement, en se précipitant vers les caméras, quelques-uns l'ont critiqué immédiatement après, cherchant le point de divergence. Au lieu, comme moi, de saluer les inflexions. C'est schizophrène. Pensons aux Français qui ont besoin d'unité et d'action. Pas de division et d'opposition.

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Comment expliquez-vous cette réaction d'une partie des députés Les Républicains ? Nicolas Sarkozy, le président du parti, porte-t-il la responsabilité de cette attitude ?
Lundi, au Congrès, assis par ordre alphabétique dans cet hémicycle du château, députés et sénateurs mêlés, nous nous sommes élevés au-dessus des considérations partisanes. Si chacun a applaudi, s'est levé, a chanté notre hymne national, c'est que les réflexes claniques étaient rendus impossibles.

Les questions au Gouvernement sont si souvent l'occasion de débordements. Mais là, ce qui s'est passé est coupable. Mardi, les irresponsables étaient sur tous les bancs. Provocations inutiles, insultes… Ils auraient dû être stoppés par l'intervention des présidents de groupes, c'est leur rôle. De même, les présidents des formations politiques doivent veiller à préserver l'image que nous donnons aujourd'hui au monde entier. Ici, aux Etats-Unis, on a compris que la France était en guerre. Visiblement, dans l'hémicycle, on n'en est pas pleinement conscient. J'étais contre le report des élections régionales pour ne pas reculer contre le terrorisme. Mais l'incapacité des partis à se sortir des considérations électorales me fait réfléchir.

Vous-même, partagez-vous certaines de ces critiques ?
Qu'il me soit permis de me satisfaire que, sur le fond, nous soyons enfin entendus. Évidemment, nous aurions aimé la même lucidité et la même fermeté il y a un peu moins d'un an. Combattre les kalachnikovs en jetant au vent les pétales de fleurs, a fait trop de morts innocents. La France a cru pouvoir combattre le terrorisme en marchant pacifiquement. L'Europe est passive. Mais les inflexions en matière de sécurité intérieure et de diplomatie , annoncées par le Président, doivent nous amener à construire sincèrement, collectivement et fermement la réponse à cette guerre et à sortir des postures. Être en guerre oblige.

Les dirigeants politiques s'accordent à dire que "la France est en guerre contre l'Etat islamique". Cet état de guerre doit-il empêcher tout débat ?
L'heure est grave. Ce n'est pas une expression que l'on emploie à la légère. J'invite donc tous ceux qui prononcent le mot guerre, dont je suis, à se montrer dignes des Français en ces instants. La polémique est bannie. Les Français sont légitimes à ne pas accepter, qu'au détour des élections régionales, des oppositions artificielles soient entretenues cyniquement. Ils sanctionneront ces comportements inadmissibles d'où qu'ils viennent. Chaque élu du peuple doit mesurer, en son âme et conscience, qu'en situation de guerre, rien n'est plus pareil. Ce qui se déroule en Seine-Saint-Denis depuis cette nuit est là pour le rappeler. Nous devons changer d'attitude, à commencer par ma formation politique qui ne doit pas oublier en ces moments le devoir auquel nous appelle notre nouveau nom : Les Républicains.

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