Blocage des examens à Arcueil : la présence du député insoumis Eric Coquerel était-elle légitime ?

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POLÉMIQUE – La participation du député LFI Eric Coquerel, avec son écharpe tricolore d'élu de la nation, à la manifestation visant à empêcher des étudiants de Nanterre de passer leurs examens ce vendredi à Arcueil suscite l’indignation de la majorité.

Ce vendredi, des centaines d'opposants à la réforme de l'université ont empêché des étudiants de Nanterre de passer leurs examens qui avaient été délocalisés à Arcueil en raison du blocage de leur faculté. Parmi eux, la présence du député de la France insoumise, Eric Coquerel, avec son écharpe tricolore, n’est pas passée inaperçue.


Le secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement, Christophe Castaner, a notamment dénoncé sur Twitter "l’irresponsabilité" du parlementaire et a jugé "inacceptable de voir une minorité bloquer une majorité désirant étudier". Plusieurs membres de la majorité lui ont emboîté le pas, à l’instar du député LaREM, Jacques Marilossian. Ce dernier fustige une "affligeante récupération politique" de la part d’Eric Coquerel. Le parlementaire insoumis a riposté en affirmant que "ce qui est condamnable, c’est d’instaurer hypocritement la sélection à l’université".

A travers leurs commentaires, ces membres de la majorité critiquent surtout la présence d’un élu de la République dans une manifestation sauvage et dont le but est de faire annuler des examens. Ce que le président de l’université de Nanterre, Jean-François Balaudé, n’a, lui aussi, pas manqué de déplorer, prenant soin toutefois de ne pas citer le nom du député de la France insoumise. "Il est à noter que les manifestants ayant empêché les examens à Arcueil n'étaient pas seulement des étudiants et des personnels de l'université : nous appelons chacun à ne pas confondre les combats politiques nationaux avec le sort des étudiants de notre université", écrit-il dans un communiqué.


Eric Coquerel, lui, assume sa participation. "C'est la place d'un élu, absolument", a-t-il dit en milieu d'après-midi dans un entretien à L’Express. Il confie avoir été sollicité à la fois par "des étudiants et des enseignants du mouvement" afin d’être le "garant que les choses se passent le plus pacifiquement possible". Cela n’a pourtant pas empêché certaines frictions entre opposants à la réforme et forces de l’ordre, qui ont du faire usage de gaz lacrymogène. Le député de la France insoumise peut en témoigner puisqu’il en a lui-même reçu dans les yeux. 

L’écharpe tricolore n'est pas un bouclier permettant de se placer en dehors de l’ordre public pour organiser une agitation ! Hugues Renson, vice-président de l'Assemblée nationale

Interrogé sur la légitimité de sa présence, Eric Coquerel botte cette fois en touche. "Je suis moi-même parent d'une étudiante. Je ne me désintéresse évidemment pas de la réussite de nos enfants. Mais, sous la Ve République, à chaque fois qu'on a essayé d'instaurer de la sélection à l'université, il y a eu un mouvement en retour. Ce n'est donc pas un petit enjeu que cette question-là", explique-t-il sans répondre réellement à la question.


Une réponse qui ne risque guère de satisfaire le député LaREM et vice-président de l’Assemblée nationale, Hugues Renson. "L’écharpe tricolore que nous avons reçue aux premiers jours de notre mandat est un insigne marquant notre qualité de parlementaire et notre attachement à la République. Il ne s’agit pas d’un bouclier permettant de se placer en dehors de l’ordre public pour organiser une agitation !" écrit-il sur Twitter

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