Vaccin contre le Covid-19 : la stratégie du gouvernement critiquée par l'opposition

Mardi, le ministre de la Santé est revenu sur les critiques dont la France fait l’objet au sujet de la cadence à laquelle elle vaccine. Olivier Veran dit assumer "cet écart avec d’autres pays" et l’explique en pointant une stratégie française différente de celle de nos voisins européens. Mais alors pourquoi somme-nous aussi lents ? Explications.

CONTESTATION - De plus en plus de voix s'élèvent parmi des responsables politiques de tous bords pour critiquer la lenteur du début de la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France. Une stratégie toutefois assumée par le gouvernement.

Mardi soir, Olivier Véran a revendiqué au 20H de France 2 la montée en puissance très progressive de la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France, alors que d'autres pays ont choisi d'aller beaucoup plus vite. De nombreuses voix politiques, de tous bords, s'élèvent contre cette stratégie du gouvernement. 

Invité ce mercredi sur LCI, Hervé Morin, président de la région Normandie, a fait part de ses griefs face au délai assumé par le ministre de la Santé : "L'urgence est de faire en sorte que le pays puisse retrouver un mode de vie classique, le plus normal possible, donc aller vers l'immunité collective", dit-il. "On est à 70 vaccinations [138 à ce jour, NDLR] quand les Allemands sont à plusieurs dizaines de milliers de vaccinations (...) Je constate qu'on va être dans une phase pilote pendant plus d'une quinzaine de jours. Ce qui veut dire que la vaccination réelle ne commencera que vers le 20 janvier : c'est trois semaines de perdues", déplore-t-il. 

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Même son de cloche chez le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, sollicité par RMC : "Soit on pense que le vaccin doit être diffusé, soit on pense qu'il ne doit pas l'être", mais à partir du moment où il est autorisé, "on pourrait peut-être accélérer un peu" pour "sauver des vies" et "retrouver une vie normale", a-t-il critiqué.

Le député LR Eric Ciotti a, quant à lui, déploré une "anticipation toujours déficiente" de la part du gouvernement. "L'Allemagne est déjà à plus de 42.000 vaccinés, le Royaume-Uni à 900.000 et la France à moins de 200 ! Après les masques, les tests et l'isolement, un nouvel échec serait terrible", a alerté de son côté le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau en demandant au gouvernement de "rendre public le calendrier de vaccination des Ehpad par département"

"Si demain matin, ils voulaient se faire vacciner, ils ne pourraient pas", a affirmé le porte-parole du RN Laurent Jacobelli sur RMC à propos des 40% de Français qui le souhaitent (sondage Ipsos Global Advisor/Forum économique mondial), fustigeant la "logistique" du gouvernement qui a "raté l'étape numéro 1 de la vaccination", "la confiance". Selon ce sondage publié mardi, la France est la "championne du monde" des pays réfractaires : seuls 4 Français sur 10 accepteraient de se faire vacciner contre le Covid. 

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"Nous ne sommes pas prêts"

A gauche, le sénateur PS Rachid Temal a fait le constat sur Twitter du "triple échec du pouvoir en place : un gouvernement incapable de travailler dans la transparence". "Le retard français dans la vaccination est réel et impressionnant, le sentiment anti-vaccin ne faiblit pas", a-t-il ajouté. 

Pour le député LFI Alexis Corbière, "le vaccin à ce stade n'est qu'un élément de stratégie pour faire reculer le virus" et "si on veut que les gens acceptent d'être vaccinés, il faut répondre (aux) questions (...) légitimes" qu'ils se posent, a-t-il estimé sur franceinfo.

Sur les trois premières journées de la campagne de vaccination lancée dimanche en Europe, moins de cent personnes ont été vaccinées en France, alors que l'objectif est d'arriver à un million d'ici à la fin février. "On n'est pas parti pour un 100 mètres mais pour un marathon" et une "montée en puissance" progressive, "face à un très fort scepticisme dans la population française", se défend-on au ministère de la Santé, en niant tout "problème d'approvisionnement". Le ministre de la Santé Olivier Véran a dit mardi soir sur France 2 que "cet écart dans le démarrage est assumé".

"Quand Olivier Véran explique que c'est une stratégie réfléchie, ça ne trompe personne. Tout le monde sait que ce n'est pas vrai, c'est parce que nous ne sommes pas prêts", a répliqué sur Cnews Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou et maire LR de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine).

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