Valérie Pécresse :  "Il faut publier les comptes de l'UMP"

Valérie Pécresse : "Il faut publier les comptes de l'UMP"

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INTERVIEW – Après les multiples rebondissements concernant l'affaire Bygmalion, Jean-François Copé a finalement annoncé sa démission le 15 juin prochain. Interrogée par metronews, la députée UMP Valérie Pécresse reconnaît la responsabilité de l'UMP et exige la publication des comptes du parti pour retrouver une crédibilité.

La démission de Jean-François Copé était-elle la seule issue possible ?
Ce qui était vraiment fondamental, c'est que l'UMP retrouve le chemin de la probité et de l'éthique. Nous avions besoin pour cela de prendre des décisions fortes et de reconnaître la responsabilité de l'UMP dans les malversations qui ont eu lieu. Nous le devions à nos militants, à nos sympathisants et à tous les Français qui financent indirectement la vie politique et les partis. Ceci impliquait que Jean-François Copé en tire les conséquences et sa démission m'apparaissait être une évidence.

Comment était l'ambiance au bureau politique de ce mardi matin ?
Elle était houleuse. Cela a été difficile parce qu'il fallait montrer que la décision que nous allions prendre n'était pas celle d'un camp contre un autre. Il s'agissait de trouver une solution qui fasse consensus. J'ai proposé que la démission soit collective parce que lorsque des collaborateurs ont failli, la direction doit assumer sa part de responsabilité.

Tous responsables mais un seul coupable ?
L'important est aussi de réaffirmer la présomption d'innocence à l'égard de Jean-François Copé, qui nous a affirmé qu’il n’était au courant de rien. Le bureau politique n'avait pas à statuer sur sa culpabilité, ce sera aux juges de se prononcer et de faire toute la lumière dans cette affaire.

Êtes-vous inquiète quant à l'avenir de l'UMP ?
Je pense qu'il faut une rénovation en profondeur de l'UMP et celle-ci passe par un retour devant les militants en congrès. Mais je souhaite que celui-ci, qui se tiendra en octobre, se fasse autour d'idées et de projets pour la France, car les citoyens sont lassés par nos querelles d'egos. Je prendrai toute ma part pour préparer ce rendez-vous.

Vous pourriez postuler pour prendre les rênes du parti ?
Il est encore beaucoup trop tôt pour parler des personnes et des candidatures. Nous devons d'abord définir notre ligne politique car c'est cela qui a été compliqué au moment des élections européennes. Les divisions politiques lors de cette campagne ont handicapé nos candidats et ont conduit à ce résultat qui n'était pas celui que nous espérions.

Certains du trio d'anciens Premiers ministres nommés en intérim pour gérer le parti ont des ambitions présidentielles : peut-on craindre de nouvelles batailles de personnes ?
Ce qui est sûr c'est qu'avec trois Premiers ministres, nous nommons des sages. Ils seront à même de pacifier le parti et d'organiser de manière totalement transparente et impartiale les prochaines élections.

Avez-vous été surprise par les révélations de Jérôme Lavrilleux ou cela se savait-il au sein de l'UMP ?
Non, cela ne se savait pas. Nous sommes tous tombés de l'armoire et avons été assommés par la violence de ce choc politique. Et c'est pour cela qu'il fallait une réaction très forte. Après, il y avait beaucoup d’opacité et c'est pour cela que nous avons demandé à voir les comptes de l'UMP depuis un an. Nous demandions plus de transparence et de collégialité dans la gestion du parti. Cela n'a pas été possible de l'obtenir mais nous ne soupçonnions pas l'ampleur de l'affaire.

Pensez-vous qu'il soit crédible que ni Jean-François Copé ni Nicolas Sarkozy n'aient été tenus au courant de ces malversations ?
Je ne suis pas procureure, je ne suis pas juge et je ne connais pas la vérité dans cette affaire, qui s'est d'ailleurs produite lorsque j'étais au gouvernement et pas à l'UMP. Mais je souhaite que la justice fasse son travail, parce que les Français doivent savoir que politique peut rimer avec éthique.

Est-ce un frein supplémentaire pour l'éventuel retour de Nicolas Sarkozy ?
Nous ne connaissons pas le fin mot de cette histoire. Laissons la justice travailler.

Certains à l'UMP demandent l'avancement de la date des primaires, pour avoir au plus vite un candidat pour 2017. Qu'en pensez-vous ?
Je pense que l'on doit déjà se mettre en ordre de marche pour organiser ces primaires de la meilleure manière possible. Mais des primaires en 2015, c'est trop tôt selon moi. Nous ne pouvons pas encore déterminer qui sera le meilleur candidat pour 2017. Nous allons élire un dirigeant de l'UMP et surtout refonder le parti en identifiant les grandes idées pour la France. Les Français veulent une opposition active et constructive.

Concernant cette crédibilité à retrouver, allez-vous proposer des mesures pour accentuer la transparence ?
Je fais partie de ceux qui pensent que ce n'est pas par la loi que l'on impose la transparence mais par la preuve. Montrons des actes de transparence. Il faut publier les comptes de l'UMP, je pense que ce sera plus puissant qu'une proposition de loi. Ouvrons les portes et les fenêtres du parti : l'open data à l'UMP, c'est maintenant.

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