Valls à l'Assemblée : un petit oui pour son plan d'économies

Valls à l'Assemblée : un petit oui pour son plan d'économies

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POLITIQUE - Les députés étaient appelés à voter mardi sur le plan de stabilité défendu par le Premier ministre Manuel Valls. Si la majorité des élus (265) ont approuvé les 50 milliards d'économies, 41 socialistes se sont tout de même abstenus.

Les frondeurs auront donc mis leur menace à exécution. Consultés mardi sur le plan de 50 milliards d'économies de Manuel Valls , les députés l'ont adopté par 265 voix pour, 232 contre et 67 abstentions. Le Premier ministre a beau avoir redoublé d'efforts dans la dernière ligne droite pour tenter de convaincre la gauche de son parti, ils ont tout de même été 41 parlementaires socialistes à s'abstenir. Soit une majorité déjà rétrécie depuis le vote de confiance du 8 avril (11 abstentions au PS).

A la tribune de l'Assemblée mardi après-midi, le Premier ministre n'a pas minimisé l'importance de ce scrutin. Consultatif, certes, mais "décisif", conditionnant "à la fois la légitimité du gouvernement, sa capacité à gouverner et, surtout, la crédibilité de la France". Ne ménageant pas ses efforts (ni ses effets), Manuel Valls a terminé son intervention sur une nouvelle envolée lyrique sous forme d'anaphore zolienne : "J’assume les choix qui sont faits ! J’assume, car c’est le choix de la cohérence ! Du courage ! J’assume, car c’est le choix de la croissance et de l’emploi ! J’assume, car c’est le choix des réformes et de l’avenir !...".

"C'est un vote d'alerte, pas un vote de défiance"

Avant le passage à l'Assemblée, Manuel Valls s'était livré ces derniers jours à une véritable chasse aux voix. Sa cible : cette centaine d'élus socialistes qui avait remis un contrat de majorité au gouvernement et dont onze s'étaient déjà abstenus lors du vote de politique générale. Après avoir rencontré plusieurs fois les élus, l'ex-ministre de l'Intérieur avait consenti à lâcher du lest pour rassurer ces "frondeurs". En préservant les petites retraites, ainsi que le plan pauvreté, et en augmentant les salaires des fonctionnaires les plus modestes, le chef du gouvernement espérait s'éloigner le moins possible de la majorité obtenue il y a trois semaines, quand 306 députés avaient approuvé sa politique.

Rien n'y a fait. Comme 40 de ses collègues, le député socialiste Pouria Amirshahi a mis sa menace à exécution. "Je reste convaincu que ces 50 milliards d'économies sont une erreur. Et le cadeau accordé à ces entreprises sans contrepartie n'est pas judicieux", s'était-il justifié auprès de metronews. "On n'est pas dans une compétition, dans une bataille avec le gouvernement", a tenté de tempérer mardi soir l'abstentionniste socialiste Christian Paul. Et d'assurer : "C'est un vote d'alerte, pas un vote de défiance". Pour se consoler, Manuel Valls pourra toujours se féliciter d'avoir fait bouger quelques lignes. L'UMP Frédérique Lefebvre a voté pour son plan et trois de ses collègues, tout comme 17 députés de l'UDI, ont opté pour l'abstention.

VIDEO - La fin du discours de Manuel Valls à l'Assemblée :

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