Valls à Matignon : "l'homme qui monte" est arrivé au sommet

Valls à Matignon : "l'homme qui monte" est arrivé au sommet

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REMANIEMENT – François Hollande a annoncé lundi soir la nomination de Manuel Valls à Matignon. Une consécration pour le populaire ministre de l'Intérieur, qui n'est pas sans faire grincer des dents au sein de la majorité.

Il était le favori des sondages. Mais pas le premier choix du Président. François Hollande, sonné par la cuisante défaite des municipales dimanche soir, s'est résolu à nommer Manuel Valls à Matignon. A l'issue d'une longue journée de tractations et de consultations à l'Elysée, le chef de l'Etat a officialisé le nom du remplaçant de Jean-Marc Ayrault lundi soir, lors d'une très solennelle allocution télévisée.
Valls "l'homme qui monte", comme les médias l'ont souvent présenté, est donc parvenu au sommet. Une consécration à 51 ans pour ce Catalan d'origine, qui aura su profiter de son passage place Beauvau pour imposer son style. Jean-Marc Ayrault était critiqué pour sa discrétion ? Pendant deux ans, son populaire ministre de l'Intérieur a fait étalage de volontarisme et d'activisme sur le terrain. De sa liberté de ton aussi. Quatre mois seulement après l'élection de François Hollande, il fâchait ainsi son camp en exprimant des doutes sur le droit de vote des étrangers. A Noël dernier encore, c'est lui qui lançait la fronde risquée contre Dieudonné.

Un "Sarkozy de gauche"

Avec son image de fermeté, le désormais "ex-premier flic de France" pourrait corriger aux yeux des Français les principaux reproches adressés à l'équipe Ayrault : les problèmes de méthode et de cohérence. "Sa nomination peut signifier une forme de reprise en main, en faisant l'hypothèse qu'avec lui il y aura davantage de discipline gouvernementale et moins de couacs, souligne auprès de metronews Emmanuel Rivière, directeur du département Opinion de TNS Sofres. Mais dans ce cas, poursuit le politologue, cela veut également dire un changement du rapport de force entre Matignon et l'Elysée." François Hollande, qui pendant près de deux ans a pu compter sur le fidèle Jean-Marc Ayrault, va sans doute devoir composer avec un Premier ministre plus franc-tireur, même si la loyauté de celui qui a dirigé la communication de sa campagne de 2012 n'a jamais été prise en défaut.

Ce n'est pas là le seul risque pris par le chef de l'Etat en nommant l'ancien maire d'Evry, rocardien pur sucre. Classé à l'aile droite du PS, en particulier durant la primaire qui l'a révélé fin 2011 - même s'il n'avait alors séduit que 5% des sympathisants socialistes-, celui qui voulait "déverrouiller les 35 heures" va devoir démontrer qu'il est la bonne réponse au vote-sanction de dimanche. Pour l'heure, le signal envoyé par sa nomination laisse plus que perplexe une partie de la majorité. A l'autre extrémité du PS, on qualifiait en effet lundi soir le choix de Manuel Valls "d'assez surprenant", vu "le besoin de gauche" qui s'est exprimé lors de ces municipales marquées par une forte abstention. Et l'on sait déjà que l'écologiste Cécile Duflot, qui s'est souvent accrochée avec son collègue de l'Intérieur , sur la question des Roms notamment, ne rempilera pas sous ses ordres. Au "Sarkozy de gauche", désormais, de ménager toutes les sensibilités de la majorité.

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