Valls et Falorni partis pour former un huitième groupe parlementaire à l’Assemblée ?

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LE GRAND HUIT ? - A l'instar des Républicains "constructifs", des députés de gauche n'appartenant ni au PS, ni au PCF, ni à la France insoumise, tentent de créer un groupe parlementaire "progressiste"pour peser sur la politique gouvernementale. Et l'ancien Premier ministre pourrait bien être de la fête.

Ils sont pour l’instant sept mais pourraient finalement être huit. A l’heure où l’on proclame doctement la fin du clivage droite-gauche, le palais Bourbon voit pulluler des groupes parlementaires dont l’opinion ne cerne pas forcément les raisons de leur genèse. Jamais depuis 1958, l'Assemblée nationale n'avait assisté à un tel éparpillement des députés. 


Malgré leur proximité politique, les communistes et les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon n’ont pas trouvé d’accord pour siéger ensemble. A droite, une partie des parlementaires LR a décidé de faire bande à part, préférant s’associer aux centristes de l’UDI afin de constituer un groupe bienveillant à l’égard du gouvernement, sans toutefois renier son appartenance à l’opposition.

Ni majorité, ni l'opposition

A l’instar de ces députés qui se sont baptisés "les Constructifs", certains à gauche rêvent à leur tour de leur propre chapelle. C’est en tout cas le souhait du député divers gauche de Charente-Maritime Olivier Falorni, qui se démène pour constituer un huitième groupe parlementaire à l’Assemblée. Ni vraiment dans la majorité, ni vraiment dans l’opposition, cet aréopage de députés de gauche - tendance Macron compatible - revendique "l’esprit de responsabilité" et "la culture de gouvernement", des valeurs que le PS a perdues selon Falorni. 


"Ce serait pour le Parlement mais aussi pour le gouvernement une plus-value politique de créer ce groupe, qui ne serait pas dans une attitude d’obstruction, mais au contraire de co-construction de la politique à mener pour le pays", expliquait cette semaine l’élu charentais dans un entretien au Figaro.

Un refuge pour Valls

Pour parvenir à son but, il doit trouver 15 parlementaires, le seuil minimal pour créer un groupe. Entre les élus divers gauche et ce qui reste des radicaux à l’Assemblée, il a des chances d’y parvenir. D’autant qu’il n’est pas seul dans cette entreprise. La présidente du PRG, Sylvia Pinel, appelle elle aussi à la création d’un groupe qui fasse la jonction entre la majorité REM et le PS. Ce dimanche au Parisien, Olivier Falorni a assuré avoir "réuni plus d'une vingtaine de députés". 


Une réunion a même eu lieu jeudi au siège du PRG, rapporte l’AFP. Selon un participant à cette réunion, elle aurait rassemblé, outre Sylvia Pinel et Olivier Falorni, des responsables du Parti radical valoisien, Yves Jégo et Laurent Hénart, ainsi que François-Michel Lambert, ex d'EELV élu sous l'étiquette... La République en marche. Un autre invité de marque se serait joint à eux, en l’occurrence l’ancien Premier ministre Manuel Valls qui, sans groupe parlementaire, en serait réduit à siéger avec les autres députés non-inscrits, comme une certaine Marine Le Pen. Un de ses proches a toutefois démenti sa présence.


Ce huitième groupe pourrait ainsi servir de refuge à l’ex-locataire de Matignon, recalé par la République en Marche et à présent indésirable au sein du groupe socialiste. Olivier Falorni lui tend en tout cas les bras. "Il est évident que Manuel Valls devrait faire partie de ce groupe", dit-il dans Le Figaro. Ouvert, le député de Charente-Maritime, longtemps proche de François Hollande, ne pose qu’une condition pour intégrer ce groupe : ne pas voter contre lors du vote de confiance au gouvernement le 4 juillet. Avant confirmation de la création du groupe, il faudra attendre ce mardi, jour d'inscription des groupes parlementaires à l'Assemblée.

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