Valls lance un appel à Macron, Montebourg et Hamon depuis Tours

L'APPEL DE TOURS - En déplacement à Tours dans le cadre des Universités de l'engagement, Manuel Valls a livré un discours prônant le rassemblement et l'unité de la gauche en vue de la présidentielle 2017. Pour cela, il interpelle Arnaud Montebourg, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

"Qu'est-ce qui nous sépare ?" Samedi 22 octobre, Manuel Valls a posé la question à Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, officiellement candidats à la présidentielle de mai 2017, mais aussi à Emmanuel Macron, qui depuis des mois entretient le suspense sur une possible candidature.


Le chef du gouvernement prenait la parole depuis Tours dans le cadre des Universités de l'engagement. Dans son discours fleuve, le Premier ministre a appelé la gauche, toute la gauche, à s'unir pour faire barrage à la droite et à l'extrême droite lors de la prochaine élection. Car pour lui, c'est certain, si la gauche veut avoir "une chance" de l'emporter en 2017, elle doit "réagir" et se présenter "unie", d'une seule et même voix. La sienne ?

Lire aussi

"Les décisions qui ont été prises", Manuel Valls les assume. Il se pose tout d'abord comme LE défenseur du quinquennat, le gardien d'une gauche au pouvoir qui souhaite poursuivre sur sa lancée. "Donner à chacun la capacité de s'émanciper et ne pas rester enfermé dans sa condition sociale", "briser le déterminisme et les préjugés", "défendre un modèle social"... Le Premier ministre énumère ces valeurs qui font la gauche traditionnelle et qu'il affirme avoir été suivies par son gouvernement.


Il cherche à présenter de la façon la plus positive possible un bilan violemment critiqué par la droite. Aussi, Manuel Valls parle de tout, de l'immigration à la loi Travail, en passant par la décentralisation et la nouvelle carte des régions. "La base d'une élection c'est défendre un bilan, rappelle-t-il. C'est aussi un projet, un élan, une vision." Or, la gauche semble, devant la scission d'Emmanuel Macron et l'annonce des candidatures d'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, ne plus avoir un seul et même projet, une seule et même vision. 

Lire aussi

Et justement, si le discours de Manuel Valls ne contenait pas de réelles propositions, il se voulait tout de même l'outil du rassemblement de la gauche. C'est bien pour cela qu'il a lancé cet appel à Emmanuel Macron, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon. Pour éviter que la gauche ne soit pulvérisée dès le premier tour de l'élection de mai 2017, il faut qu'elle ne présente qu'un seul et même visage.


"La gauche, j'en suis convaincu, est la seule force capable de rassembler largement les Français, au-delà des camps habituels, martèle-t-il à plusieurs reprises. Ce sera l'enjeu du second tour, et nous devons y être." L'ordonnance Valls est donc sans appel : "Nous devons réagir, réagir vite, rien n'est acquis. Réagir pour cesser de subir et réagir maintenant pour ne pas mourir demain".


Fierté, loyauté, union, le Premier ministre veut utiliser cette panoplie de valeurs pour éviter "la défaite et l'humiliation" de voir arriver à l'Élysée un candidat de droite ou d'extrême droite. "Je veux que la gauche vive (...) En agissant dans un esprit d'unité, de loyauté et de courage... Je suis devant vous." 

Réunir, rassembler, se relever oui, mais derrière qui ? De ce point de vue-là, Manuel Valls se présente de plus en plus comme une alternative à François Hollande. Le chef de l'État n'a pas encore déclaré s'il serait candidat à sa propre succession, et depuis sa chute dans les sondages, le Premier ministre s'est toujours posé en défenseur loyal du grand patron, là où un Emmanuel Macron avait jeté l'éponge par exemple. Pour autant, sa loyauté envers François Hollande l'empêche d'affirmer clairement et sans équivoque quelques volontés présidentielles que ce soit, au risque de faire paraître le gouvernement plus divisé que jamais. Et signer la condamnation de la gauche dans l'élection qui se dessine. La belle unité en pendrait un sacré coup. 

Lire aussi

Pour autant, dans son discours de Tours, Manuel Valls ne referme pas complètement la porte à une possible candidature. Un récent sondage Odoxa pour France Info indiquait même que 54 % des Français sondés estiment qu'il ferait un bon président. Un chiffre qui monte à 72 % chez les sympathisants socialistes. Le chef du gouvernement apparaît donc comme le plus présidentiable du quinquennat Hollande. Et il le sait.


"Vous connaissez mes qualités, mes défauts, ma liberté de ton (...) j'ai toujours respecté ma famille politique", poursuit-il depuis Tours, plus personnel. Exit le "nous", place au "je" :  "Vous connaissez mon engagement auprès de Michel Rocard, et de Lionel Jospin. Je ne laisserai jamais tomber ma famille politique, la gauche". Car la gauche est grande, dit Manuel Valls. Peut-être sera-t-elle même assez grande pour s'unir derrière lui, à défaut de s'unir derrière François Hollande...

Lire aussi

En vidéo

Hollande lâché par des parlementaires, Valls poussé par son entourage

Tout savoir sur

Tout savoir sur

2017 : la bataille de la gauche

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter