Valls le social-libéral déclare sa flamme aux entreprises

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OPÉRATION SÉDUCTION - Le discours décomplexé de Manuel Valls lors de l'université du Medef a été chaudement applaudi par les patrons. Le Premier ministre a notamment confirmé que l'épineuse question des seuils sociaux serait négociée, s'exposant encore plus à la grogne des syndicats et de la gauche du PS.

"J'aime l'entreprise", a clamé Manuel Valls face aux patrons... qui lui ont répondu par une standing ovation. Jamais sans doute le Medef n'aurait imaginé entendre de mots aussi doux en recevant un Premier ministre socialiste à son université d'été de Jouy-en-Josas (Yvelines). Quelques heures avant la publication en fin d'après-midi des nouveaux chiffres du chômage, qui atteint désormais le niveau record de 3,424 millions demandeurs d'emploi sans activité , l'hôte de Matignon s'est employé mercredi à montrer que c'est bien via le soutien aux entreprises – il faut selon lui cesser de les "opposer systématiquement" à l'Etat - qu'il comptait redresser la barre et créer des emplois.

Un discours social-libéral assumé, dans le prolongement de la ligne affichée avec le débarquement d'Arnaud Montebourg et des ministres "frondeurs", que le président du Medef Pierre Gattaz s'est empressé de saluer comme empreint de "lucidité" et de "courage".

Au seuil de la polémique

Car s'il les a exhortés à faire "plus et plus vite" dans la mise en œuvre du pacte de responsabilité, et s'il a jugé "absurde de parler de cadeaux aux patrons" - "Une mesure favorable aux entreprises, c'est une mesure favorable au pays tout entier"-, Manuel Valls leur a donné des gages, ouvrant par exemple la voie à des discussions sur le travail du dimanche.

La question d'une réforme des seuils sociaux est "légitime" et sera négociée, a-t-il ainsi déclaré. Une vieille demande du patronat, qui estime que ces obligations imposées aux entreprises lorsqu'elles dépassent un certain nombre de salariés (à partir de 11 elles doivent élire des délégués du personnel, au-delà de 50 elles sont tenues de mettre en place un comité d'entreprise et un comité hygiène et sécurité) sont des freins à la croissance et à l'embauche.

De quoi promettre une belle bataille avec les syndicats, très méfiants sur ce point, et avec la gauche du PS. Après l'intervention de Manuel Valls, le député socialiste "frondeur" Laurent Baumel a dénoncé un "copié-collé" des discours de Tony Blair, y voyant une rupture "idéologique" avec "tout ce à quoi nous avons cru à gauche depuis des décennies".

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