Venezuela : un journaliste inculpé pour avoir diffusé une vidéo du président ?

Politique
MANIPULATION - Un journaliste d'investigation vénézuélien a été inculpé pour blanchiment d'argent, après avoir diffusé une vidéo du président Maduro malmené par des manifestants en colère. Le syndicat des journalistes dénonce une "détention arbitraire".

Un journaliste vénézuélien a été inculpé lundi pour blanchiment d'argent, alors que sa famille et le syndicat des journalistes dénonce une "détention arbitraire", liée à la diffusion de vidéos gênantes concernant le président Maduro. Braulio Jatar Alonso, directeur du site d'information vénézuélien Reporte confidencial, aurait été arrêté le 3 septembre par les services de renseignement vénézuéliens (Sebin), alors qu’il se rendait à une émission de radio.  


La veille, une manifestation contre les pénuries que connaît le pays s'est déroulée dans la ville de Porlamar, sur l'île de Margarita dans la partie caraïbe du pays, où le président était venu inaugurer des logements sociaux. Comme le montre une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, ce dernier a été pris à partie par la foule en colère qui l'a encerclé et malmené, l'obligeant à courir pour tenter de lui échapper.

Le syndicat des journalistes dénonce une détention arbitraire

"Notre directeur Braulio Jatar a été inculpé de blanchiment d'argent. Il est actuellement détenu dans les locaux du Sebin" de Porlamar, informe le site internet. "Privé de liberté pour avoir voulu informer (...) Ils ne nous feront pas taire, ni nous, ni le Venezuela", a dénoncé sur Twitter son fils, également appelé Braulio. Selon sa famille, les autorités auraient accusé ce journaliste d’avoir transporté une importante somme d'argent en liquide dans sa famille.  Aucun montant n’a été précisé. Pour l'heure, les autorités ne se sont pas exprimées sur cette affaire. 


L'ONG de défense des droits de l'Homme Foro Penal Venezolano a dénoncé ce week-end l'arrestation d'une trentaine d'opposants après le mouvement de protestation contre le chef de l’État. Lundi, 21 d'entre d'eux ont été libérés sous conditions, à l’exception de Braulio Jatar Alonso. Le syndicat des journalistes vénézuéliens (SNTP) s'est élevé contre cette privation de liberté, parlant d'une "détention arbitraire" et d'un procès "de nature politique". Il a demandé au ministère public de "garantir les droits" du journaliste.


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