VIDÉO - Affaire Benalla : la version de l'Élysée mise à mal par un haut-gradé de la préfecture de police

ENQUÊTE - Auditionné par les députés, le directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin, affirme qu'Alexandre Benalla n'avait pas l'autorisation d'être présent le 1er mai. Mais aussi qu'il a participé à des réunions de travail alors même qu'il était censé être mis à pied, selon l'Elysée.

Lors de son audition par la commission d'enquête parlementaire, le directeur de l’ordre public et de la circulation (DOPC) à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin, a donné deux éléments qui contredisent frontalement la version de l'Élysée. Selon ce haut-gradé de la police parisienne, chargé notamment de l'organisation des forces de l'ordre en cas de manifestation, Alexandre Benalla ne disposait pas d'autorisation de la préfecture de police pour être présent le 1er mai en tant qu'observateur. Par ailleurs, il aurait participé, entre le 2 et le 18 mai, à des réunions aux côtés de responsables de la préfecture de police, alors que l'Élysée affirme qu'il était mis à pied pendant cette période.

"Dès le début du cabinet, nous connaissons Alexandre Benalla en sa qualité de chef de cabinet adjoint", a d'emblée précisé Alain Gibelin lors de son audition devant la commission d'enquête parlementaire. Le policier a indiqué ne pas avoir été informé de la présence d'Alexandre Benalla avant la manifestation du 1er mai, mais seulement le lendemain. Il indique que c'est Laurent Simonin, l'un de ses subordonnés et chef d'état-major de la DOPC, qui a donné l'autorisation à Alexandre Benalla de venir en tant qu'observateur. 


Alain Gibelin affirme également que c'est Laurent Simonin qui a fourni à Alexandre Benalla le casque de policier dont il s'est servi, mais n'a "aucune idée de la provenance du matériel autre que ce casque". Laurent Simonin fait partie des trois policiers mis en examen depuis dimanche.


"M. Benalla ne bénéficiait d'aucune autorisation pour être présent en tant qu'observateur sur cette manifestation", poursuit ensuite Alain Gibelin, contredisant ainsi la version donnée par l'Élysée. Selon le chef de la DOPC, cette autorisation doit émaner directement du préfet de police, Michel Delpuech, et lui être transmise. Or, ajoute-t-il, Michel Delpuech lui-même n'était pas informé de la présence d'Alexandre Benalla aux côtés des forces de l'ordre. 

Benalla était-il mis à pied ou participait-il à des réunions entre le 2 et le 18 mai ?

Le responsable de la DOPC indique plus tard, lors de son audition, qu'Alexandre Benalla était présent, entre le 2 et le 18 mai, à des réunions préparatoires destinées à sécuriser des futurs déplacements d'Emmanuel Macron. Or, selon l'Élysée, Alexandre Benalla était mis à pied à cette période. Alain Gibelin dit n'avoir pas été surpris par sa présence car, affirme-t-il, il n'a jamais été informé de sanctions prises à l'encontre du conseiller du président.

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VIDÉO - Alexandre Benalla participait à des réunions alors qu'il devait être mis à pied, selon le directeur de la DOPC

Des propos qui ne manqueront pas de nourrir les questions des parlementaires lors de l'audition de Patrick Strozda, directeur de cabinet de l'Élysée, qui sera entendu mardi à 16h30 par la commission d'enquête parlementaire.

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