VIDÉO – "C'est un déchirement" : très ému, Alain Juppé explique pourquoi il quitte Bordeaux pour le Conseil constitutionnel

VIDÉO – "C'est un déchirement" : très ému, Alain Juppé explique pourquoi il quitte Bordeaux pour le Conseil constitutionnel
Politique

POLITIQUE – Alain Juppé ne sera bientôt plus le maire de Bordeaux. C’est lui-même qui l’a annoncé ce jeudi dans une conférence de presse pleine d’émotions.

Il est monté sur l’estrade avec une mine confite, baissant les yeux comme s’il était intimidé par une foule qu’il a pourtant l’habitude de voir face à lui. Mais ce jeudi, il est vrai que le contexte était particulier. Comme LCI l’a révélé dès mercredi, l’édile va bien quitter son fauteuil de maire de Bordeaux, après vingt-cinq ans de bons et loyaux services, pour s’en aller siéger au Conseil constitutionnel. Une nomination souhaitée par Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, qui était l'objet de cette conférence de presse.

Je suis affecté par les mensonges et les haines que véhiculent les réseaux sociaux. - Alain Juppé

"Je vais essayer de garder mon sang-froid mais c’est avec une profonde émotion que je m’exprime, je ne vous le cache pas, a-t-il débuté. Quitter cet Hôtel de Ville, cette fois-ci de mon plein gré, est un crève-cœur. Comme vous le savez, j’ai accepté la proposition de M. Richard Ferrand de me nommer au Conseil constitutionnel. Je mesure cet honneur qui m’est fait et je l’en remercie. Mon entrée en fonction devrait se faire début mars. Je démissionnerai de tous mes mandats électifs à cette date."

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Quitter Bordeaux "est un crève-coeur", pour Alain Juppé

L’ancien Premier ministre a ensuite expliqué les ressorts de ce rebond inattendu : "Je ne m’attendais nullement à cette proposition et j’ai dû me décider en 24 heures. J’ai accepté parce que, depuis plusieurs semaines, j’ai pris la décision de ne pas me représenter en 2020 aux élections municipales, j’avais prévu de l’annoncer après les élections européennes. Je ne voulais pas faire le mandat de trop. Je n’ai pas pris ma décision à la légère. Avec Bordeaux, nous sommes comme un vieux couple. C’est un déchirement de me séparer de ceux que j’ai tant aimés..." Là, les larmes lui sont montées, et le maire s’est interrompu pour demander de l’aide à l’assistance, qui l’a chaleureusement applaudi en retour.

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"Il y a aussi une motivation plus personnelle, a-t-il repris. J’ai aimé le combat politique que j’ai mené avec passion, mais aujourd’hui l’envie me quitte tandis que contexte change. L’esprit public est devenu délétère, le discrédit est jeté sur les hommes et les femmes politiques, réputés ‘tous pourris’, avec un rejet des élites dont le pays a pourtant besoin. Je suis affecté par les mensonges et les haines que véhiculent les réseaux sociaux. L’esprit public est devenu lourd à porter. Je souhaite continuer à servir la République dans un environnement plus serein."

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