Eric Plumer, l'homme qui a formé Alexandre Benalla à la sécurité politique : "Ce n'est pas quelqu'un de sanguin, d'incontrôlable"

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INTERVIEW - Eric Plumer est l’ancien chef de la sécurité du Parti socialiste. C’est lui qui a formé Alexandre Benalla, le collaborateur d’Emmanuel Macron visé par une enquête préliminaire pour violences et usurpation de fonction.

Alexandre Benalla est dans la tourmente. Ce collaborateur d'Emmanuel Macron est visé par une enquête préliminaire pour violences et usurpation d'identité après la diffusion d'une vidéo le montrant frapper un manifestant le 1er mai dernier, coiffé d'un casque à visière des forces de l'ordre. 


LCI a pu contacter Eric Plumer, ancien responsable national du service d'ordre du Parti socialiste, qui a rencontré Alexandre Benalla au début des années 2010 et l'a formé au métier.

LCI - Quand et comment avez-vous connu Alexandre Benalla ?

Eric Plumer - Je l’ai connu dans les années 2010, quand il s’est présenté au parti pour faire de la sécurité. Il avait une vingtaine d'années. Avant cela, il avait assuré la sécurité d'acteurs connus, je crois. Il souhaitait découvrir une autre facette du métier. 

La sécurité c'était son truc, c'était dans ses gênes. C’est moi qui l’ai formé à la sécurité politique. Il avait de très bonnes capacités. Il venait régulièrement au PS, en tant que bénévole. Je voulais le former pour l’avenir, je voulais former des cadres. Il faisait cela en parallèle de ses études de droit. D'ailleurs je le grondais souvent car il n'allait pas suffisamment à l'université.


LCI - Etes-vous toujours en contact avec lui ?

Eric Plumer - Non, je l'ai perdu de vue lorsqu’il a rejoint Emmanuel Macron. Il est parti à En Marche peu de temps après sa création. Il occupait le même poste que celui que j'avais au PS.  En fait, nous nous sommes brouillés lorsqu'il a rejoint Arnaud Montebourg à Bercy. J'estimais qu'il avait brûlé les étapes, je lui en ai un peu voulu et, comme je suis sanguin, nous nous sommes fâchés.


LCI - Comment décririez-vous Alexandre Benalla ?

Eric Plumer - Comme quelqu'un de gentil, professionnel, attentionné. Alors que nous étions brouillés, il m’a recontacté fin 2017 lorsque j’ai été licencié du Parti socialiste. Ce n'est pas un sanguin, il ne s'agit pas de quelqu'un d'incontrôlable. Même si des fois, sur le terrain, je suis intervenu car il était allé trop loin, je suis également intervenu car il n’allait pas assez loin. Je voyais en lui une personne ayant un bon avenir sous ma responsabilité, je l’estimais.


LCI - Le reconnaissez-vous sur les images qui tournent en boucle dans les médias, sur lesquelles on le voit s'en prendre à un manifestant ?

Eric Plumer - Je suis étonné même si, en service d’ordre, il s'agit d'un geste qu’il aurait pu faire, oui. Mais je m’interdis de juger les faits. L’a-t-il fait dans une bonne ou une mauvaise intention ? Je ne jugerai pas. Mais il n’interviendrait pas comme ça pour se faire plaisir. Il faut faire attention aux images, on ignore ce qu’il s’est passé avant cette scène. Je souhaite qu’on s’aperçoive qu’il avait de bonnes raisons d’intervenir. Il a mon soutien entier et total.

"Il a la confiance pleine et entière du président de la République"Eric Plumer

LCI - Que pensez-vous de la décision de l'Elysée de ne pas le licencier ? Quelle est la nature de sa relation avec Emmanuel Macron ?

Eric Plumer - Peut-être que l’Elysée a connaissance d’autres éléments dont on ne dispose pas. Alexandre est proche d'Emmanuel Macron, il a rejoint son parti dès le début, je sais qu'il a la confiance pleine et entière du président de la République.

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