Alliances pour les régionales : la droite écartelée

Alliances pour les régionales : la droite écartelée

REPORTAGE - Va-t-on assister à une nouvelle recomposition du paysage politique ? Le Premier ministre a annoncé une liste commune entre La République en Marche et Les Républicains en région Paca. Une fusion vécue comme une trahison par l’état-Major national des LR.

Il a suffi d’une alliance pour que le parti se fissure. Les républicains affichent leur division au grand jour. En Paca, la secrétaire d’État, Sophie Cluzel, se range derrière Renaud Muselier. Et chacun est prié de choisir son camp. Il y a d’un côté, les rares soutiens du président sortant de la région, comme Christian Estrosi, maire de Nice ou Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse. L’autre, la majorité des cadres de la droite qui dénonce une trahison. “Beaucoup de députés de mon groupe considèrent cela comme un coup de poignard dans le dos. Donc, je regrette profondément cette alliance, qui est une alliance qui est contre les intérêts de la droite et des Républicains. Surtout qui déboussole notre électorat”, a déclaré Damien Abad, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale.

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En face, l’exécutif jubile. La Majorité, en retard dans les sondages, évite un revers en premier tour et affaiblit un parti de l’opposition. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement, précise : “La réalité, c’est qu'ils n’ont pas construit d’alternatives politiques à droite. Le parti LR n’est qu’une devanture qui n’a plus beaucoup de sens puisque ça rassemble des personnes qui ne pensent pas les mêmes choses sur les sujets fondamentaux”. Car derrière les régionales, c’est la présidentielle qui se joue déjà.

Quel candidat pour la droite ? Pour Xavier Bertrand et pour Valérie Pécresse, une seule solution : prendre des distances avec La République en Marche. Les Républicains ont retiré à Renaud Muselier son investiture, mais le président de la région Paca se défend sur Twitter. Le parti de Marine Le Pen espère profiter de cette alliance pour attirer les électeurs déçus. Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National avance : “Moi, je pense qu’il y a un décalage aujourd’hui entre les têtes pensantes des Républicains et la base. Aujourd’hui, nous lançons un appel à tous les électeurs, les militants, les sympathisants des rangs des Républicains pour leur dire : Allez-vous laisser Emmanuel Macron présider votre commission d’investiture ?”. À un an de la présidentielle, la recomposition de la droite ne fait sans doute que commencer.

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