VIDEO - Réforme des retraites : "Nous allons faire du cas par cas", affirme Jean-Paul Delevoye

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La réforme des retraites, dossier explosif pour l’exécutif

INTERVIEW - Invité ce vendredi d'Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI, le "monsieur retraites" du gouvernement a assuré que les spécificités de chaque profession seront prises en compte dans la future réforme.

"Nous allons faire du cas par cas. C’est ce que nous avons toujours dit." Invité ce vendredi sur LCI, Jean-Paul Delevoye a fait œuvre de pédagogie concernant la future réforme. Une réforme que le Haut-commissaire aux retraites continue de peaufiner, lui qui a "350 réunions prévus d'ici la fin de l'année".

"Nous allons mettre en place ce projet universel car nous pensons que le système actuel est fragile, porteur d'inégalités et de tensions", a estimé le haut-commissaire, précisant que son calendrier est millimétré : "Je terminerai un peu avant le 5 décembre mes rencontres, pour faire en sorte que le 8, le 9 ou le 10 je puisse en présenter les conclusions au Premier ministre et de là, avant la fin de l'année, il précisera le projet, son architecture et le passage au Parlement". Interrogé sur la "clause du grand-père", qui consisterait à n'appliquer la réforme qu'aux futurs entrants sur le marché du travail, Jean-Paul Delevoye a assuré que "sa généralisation est écartée".

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"Trouver un chemin de compromis"

Il l'assure : "Le régime universel mettra un terme aux régimes spéciaux". Néanmoins, le projet devrait comporter un certain nombre d'aménagements en raison des disparités d'une profession à l'autre. "S'il y a une diversité de situations, il peut y a avoir une diversité de réponses.(…) Comment voulez-vous imposer une direction identique avec autant de diversités ? (…) Prenons l'exemple des indépendants : comment imaginer que l'on passe de cotisations à 14, 15%, à une cotisation à 28% ? Cela ne se fait pas du jour au lendemain."

Pour éviter un changement trop brutal, Jean-Paul Delevoye devrait proposer de jouer sur le calendrier pour l'entrée en vigueur de la réforme. "Nous allons faire du cas par cas. (...) Il y aura un temps adapté. (...) Je ne peux pas demander un temps identique aux cheminots, aux enseignants... tout cela est sur la table." Quid des enseignants ? "Ils ne seront pas pénalisés. Ils le seraient si nous appliquions sans compensation le système actuel. (…) Les enseignants sont des cadres A. Or un cadre A qui n'est pas enseignant fait toute sa carrière avec 30% de primes. L'enseignant, avec 9% - en moyenne, celui de maternelle étant à 4%. On voit bien que ce régime universel est une opportunité pour repenser la gestion des ressources humaines de la fonction publique avec un contrat qui n'est plus "je vous paie en dessous de la normale et je vous donne un petit coup de pouce pour la retraite", mais "comment faire en sorte de vous payer normalement pour avoir une retraite normale."

Alors le gouvernement a-t-il peur du 5 décembre ? "Je porte de la considération aux Français qui manifestent. (...) Mais ce régime universel se mettra en place. (...) Cela n'interdit pas que nous puissions comprendre ceux qui nous disent : 'à quatre ans, dix ans de ma retraite, vous ne pouvez pas changer les règles.' Il faut que nous arrivions entre ces deux exigences, à trouver un chemin de compromis."

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