VIDÉO - Assemblée : nouvelle altercation entre une députée LREM et un membre du gouvernement

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DE L'EAU DANS LE GAZ - Une nouvelle altercation a eu lieu entre une députée de la majorité, Barbara Bessot-Ballot, et un membre du gouvernement, en l'occurrence Christophe Castaner, ce mercredi lors des "Questions au gouvernement". Cette fois-ci, elle concernait la baisse de la limitation de vitesse sur les routes.

Le torchon brûle-t-il entre les députés de la majorité et le gouvernement ? En tout cas, ces derniers jours, la parole se libère du côté des premiers. Déjà interpellé mardi à propos de sa politique sur l’immigration, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a de nouveau été interpellé ce mercredi lors des "Questions au gouvernement". Et une nouvelle fois par une députée de sa majorité. Barbara Bessot-Ballot, députée LREM de Haute-Saône, a en effet exprimé son désaccord à propos de la baisse de la limitation de vitesse sur les routes.


"Une expérimentation concernant cette baisse de limitation à 80km/h a été menée sur trois routes nationales, dont une dans mon département, depuis juillet 2015. Si cette mesure pouvait contribuer à diminuer le nombre de morts sur nos routes, l’expérimentation menée par la CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’emménagement) n’a donné lieu à aucune publication. Si les résultats existent, ils doivent être communiqués à l’ensemble de la population afin d’être à même de mesurer l’importance de ce dispositif" a déclaré la députée. Car selon elle, "pour le moment, en l’absence de tels retours, ce dispositif est mal vu de l’ensemble des citoyens de ma circonscription et pénalise ceux qui se rendent au travail, avec les contraventions et les retraits de points subits. La majorité silencieuse n’en veut pas. Cela sera un véritable coup de frein pour nos ruralités actives. Et cela éloignera encore plus le monde rural du monde urbain."

Christophe Castaner met en avant l'évolution des mentalités sur la sécurité routière

A l'issue de l'intervention de Barbara Bessot Ballot, c’est finalement Christophe Castaner, chef du parti La République en marche et secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, qui a pris la parole pour lui répondre à la place de Gérard Collomb. "Vous savez quand j’étais enfant, mes parents devaient m’aimer beaucoup. Et pourtant quand ils me posaient à l’arrière de la voiture, ils me posaient. Ils démarraient et ils partaient. Aujourd’hui, aucun parent ne prendrait le risque. (…) Voilà la réalité de quelque chose qui paraissait à l’époque totalement inopportun. Et pourtant la loi l’a prévu, la loi l’a fait et de très nombreux enfants ont sauvé leur vie grâce à cela" a répondu le proche du chef de l'Etat, en référence à l'obligation de faire voyager les enfants dans des sièges adaptés à leur taille.


Il a également rappelé qu’en 1973, avait été décidé qu’hors agglomération, la ceinture de sécurité deviendrait obligatoire à l’avant des véhicules. En 1975, cela a été étendu dans les agglomérations. "Il y a des gens, la majorité silencieuse que vous évoquez, qui pensaient que ce n’était pas opportun. Il y a même des gens qui sont allés au Conseil d’Etat pour contester cette décision au nom de la liberté fondamentale de pouvoir conduire sa voiture sans s’attacher à l’avant" a-t-il ajouté, pour étayer son argumentation.


Il a ensuite mis en avant des chiffres pour démonter le bien-fondé de la mesure : "Aujourd’hui, les études montrent que baisser la vitesse sur les routes les plus accidentogènes, celle dont vous parlez" permettrait de diminuer de 50% les accidents, et d’éviter un mort et dix blessés chaque jour. Il a terminé en se montrant un peu plus agacé. "Alors on peut vouloir parler au nom de la majorité silencieuse comme vous le faites. On peut vouloir éructer au nom de cette même majorité, comme certains le font ici, mais on peut avoir du courage politique pour faire en sorte qu’on sauve des vies."

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