VIDÉO - Bruno Le Maire épingle la Pologne et la Hongrie "qui n'ont accueilli aucun migrant"

APPEL - Invité du Grand Jury dimanche, Bruno Le Maire est longuement revenu sur le rôle de la France dans la gestion de la crise migratoire, soutenant la position d'Emmanuel Macron et rappelant la nécessité que tous les partenaires européens prennent leur part.

Invité  du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI ce dimanche, le ministre de l'Economie et des Finances s'est exprimé sur la question des migrants qui devait notamment être au coeur du mini-sommet européen de ce dimanche à Bruxelles. Et contrairement aux critiques formulées dans la presse de toutes parts - Jacques Toubon, Anne Hidalgo, Marine Le Pen et plusieurs membres de la France Insoumise - pour le ministre de l'Economie et des Finances, la France est tout à fait à la hauteur de l'enjeu. 



Bruno Le Maire soutient totalement la décision du gouvernement français de ne pas laisser accoster le bateau humanitaire Aquarius transportant 629 migrants, jugeant que Emmanuel Macron avait pris la bonne décision : "La France a accueilli près de 100.000 demandeurs d'asile l'année dernière. La France prend toute sa part dans la gestion de la crise migratoire. Dans le fond, ce n’est pas une crise migratoire, c’est une crise politique". 

Bruno Le Maire poursuit sur sa lancée : "Il faut savoir ce que les Etats Européens veulent comme solutions pour régler ces difficultés, cet afflux de migrants. La crise migratoire était en 2015, quand nous avions près d’un million de personnes" qui affluaient vers les côtes européennes. "Là, il y avait une vraie crise migratoire (...) La question, c’est que "voulons-nous apporter ?". Il y a la solution française, allemande (...) une vraie politique migratoire européenne, ce en quoi croit le Président de la République, ce en quoi je crois aussi. Et il y a ceux qui disent : on va arriver à se défendre tout seul. On va mettre des barbelés, des protections et chacun va se débrouiller tout seul. Je ne crois pas à cette solution-là." 

En vidéo

Migrants : Emmanuel Macron propose la mise en place de "centres fermés sur le sol européen"

Et d'insister sur les trois piliers d'une politique européenne définie par Emmanuel Macron, aides au développement dans les pays d'origine pour éviter les départs, renforcement des contrôles aux frontières - en faisant passer les effectifs de Frontex de 200 policiers à 10 000 personnes -  et une harmonisation des règles européennes d'accueil pour éviter un filière de l'asile. Bruno Le Maire a indiqué que la France avait accueilli 100.000 demandeurs d'asile l'an dernier et que la solidarité européenne devait désormais s'appliquer. Dans son viseur, la Pologne et la Hongrie qui ont fermé leurs portes aux migrants. "La solidarité à sens unique n'est pas possible", a indiqué le ministre de l'Economie rappelant que la Pologne par exemple recevait 7,5 milliards d'aides européennes pour développer son économie. "C'est très bien de prendre les aides, qui permettent à la Pologne, la Hongrie, de se développer, mais on ne peut pas bénéficier de ces aides, et de l'autre côté, quand on vous dit, 'il faut que vous aussi vous accueilliez un certain nombre de demandeurs d'asile', on vous répond 'non'".



Faisant référence à la  position actuelle de Italie, Bruno Le Maire insiste sur le fait que "si l'Europe est véritablement un projet politique, elle doit faire face ensemble à la crise migratoire, avec des règles communes et une politique de solidarité."

En vidéo

Aides aux entreprises : Bruno Le Maire s'engage à trouver un milliard d'économies d'ici fin septembre

Précisions sur la loi Pacte

Autre point sur lequel Bruno Le Maire est revenu : la loi Pacte (plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui, selon lui, va générer la création de "dizaines de milliers d'emplois au-delà de 2025". Il a toutefois indiqué que ces mesures (seuils sociaux et fiscaux, épargne salariale, intéressement,  création et liquidation d'entreprise...) vont prendre du temps : "L'objectif, c'est la création d'emplois, plus d'emplois pour les Français et du travail qui paie", a-t-il affirmé. 


Concernant la question des aides sociales, elle aussi au centre de polémiques, le ministre de l'Économie et des Finances souhaite que chacun prenne sa part d'économies : les collectivités locales, l'Etat -le ministre a d'ailleurs annoncé sans les chiffrer des réductions d'effectifs à Bercy- mais aussi auprès des entreprises. "J'ai demandé au Conseil d'analyse économique (CAE) de m'aider à faire ce travail d'examen des aides aux entreprises", a-t-il précisé. "Celles qui sont efficaces, celles qui créent de l'emploi et de l'activité seront maintenues. Celles qui ne peuvent pas apporter la preuve de créations d'emploi ou d'activité, elles n'ont pas vocation à l'être", a-t-il prévenu. Objectif, " que, "d'ici fin septembre soit identifié un milliard d'euros d'économies (sur un total de 140 milliards d'euros d'aides aux entreprises)."

En vidéo

Bruno Le Maire sur les aides sociales : "On ne peut pas se contenter de faire un chèque"

Prévision de croissance maintenue

En vidéo

Bruno Le Maire au Grand Jury : Aides sociales "donnez-nous du temps"

L'objectif du gouvernement reste que la croissance de l'économie française atteigne 2% cette année, a déclaré Bruno Le Maire. "Le ministre de l'Economie tient à sa prévision de croissance telle qu'elle a été envoyée à l'UE: 2% de croissance, ça reste notre objectif", a-t-il déclaré. Selon lui, le "petit tassement" de la croissance depuis le début l'année constitue un contrecoup à la croissance "exceptionnelle" de la fin 2017, un avis partagé notamment par la Banque de France.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Le Grand Jury

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter