Bruno Le Maire après les déclarations de Macron sur les retraites : "Ce qui compte, c'est de refonder le système"

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REPLAY - Le ministre de l'Economie et des Finances était l'invité d'Elizabeth Martichoux, mardi 27 août, sur LCI. Il s'est notamment exprimé sur la réforme des retraites à venir, mais aussi sur le déroulement du G7.

Invité de LCI, mardi 27 août, le ministre de l'Economie et des Finances a été interrogé sur le revirement d'Emmanuel Macron, la veille sur France 2, sur la future réforme des retraites. Le président avait fait savoir que sa préférence allait à une hausse du nombre de trimestres cotisés plutôt qu'à l'instauration d'un "âge d'équilibre", comme le prévoyait initialement le projet (et la déclaration de politique générale d'Edouard Philippe). 

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Un changement qui ne semble pas préoccuper le ministre, pour qui le plus important est de faire travailler davantage les Français, dans une réforme "juste et acceptée". "L'ambition doit être la même. Le système doit être à l'équilibre en 2025. Il doit être plus juste. [...] Ce qui compte, c'est de refonder le système de répartition. [...] De toute façon, nous devons travailler plus. Nous devons faciliter l'entrée dans le marché du travail et nous devons intégrer les plus de 50 ans, profiter de leur expérience".

Au-delà du fond, Bruno Le Maire a également salué la volonté présidentielle de remettre en place des concertations avec les syndicats et la société civile. "Vous ne pouvez jamais passer en force sur ces sujets. Le rapport de forces, c'est pour les relations internationales."

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Bilan du G7 : un sommet "utile et efficace"

Au sujet du G7, qui s’est déroulé à Biarritz ce week-end, Bruno Le Maire a estimé que ce sommet a été "utile et efficace" et a permis "de faire bouger les lignes sur les grands sujets". 

Le ministre de l’Economie et des Finances a eu l’occasion de s’entretenir avec, son homologue du Trésor américain, Steven Mnuchin, dans sa maison de Saint-Pée-sur-Nivelle, un village non loin de Biarritz pour évoquer le dossier de la taxe GAFA, déjà appliquée au niveau national : "Dès qu’il y aura un accord international, il remplacera la taxe nationale." Toutefois, le ministre, qui espère voir un accord se profiler "dans les prochains jours", a indiqué que la France "n’attendr[ait] pas la ratification par tous les Etats membres de l’OCDE pour la substitution".

Suite aux propos d’Emmanuel Macron qui estimait que les vins français seraient épargnés par une taxe américain, Bruno Le Maire a confirmé que "la menace s’éloigne".

L'économie française "va bien"

En ce qui concerne le contexte économique intérieur, Bruno Le Maire a voulu dresser un bilan positif, "dans un contexte international qui est préoccupant (…) Dans la zone euro le niveau de croissance reste insuffisant". Le ministre de l’Economie a d’ailleurs confirmé le taux de la croissance française à 1,4 % mais précise qu’il donnera un chiffre confirmé d’ici un mois, lors de la présentation du budget. "Je reste prudent ", a-t-il précisé. Le ministre de l'Economie et des Finances a également rappelé que les investissements des autres Etats européens "sont indispensables (…) Par solidarité ils doivent investir davantage".

Relancé sur les chiffres faramineux des placements du livret A, qui obèrent les chances d'une reprise économique soutenue dans l'Hexagone, Bruno Le Maire n'a pu que déplorer "une épargne abondante qui ne s’investit pas assez dans l’économie française". Effectivement, les Français épargnent comme rarement et ont versé 12 milliards d’euros sur leur livret A depuis le mois de janvier. "Les Français ont besoin de temps pour savoir si nous tenons notre politique économique", a assuré le ministre pour justifier cette absence de consommation. 

Soutien de Benjamin Griveaux pour les municipales

Questionné sur les municipales à venir, l'élu de l'Eure a par ailleurs affirmé ne pas être candidat à ces élections, assurant être ministre de l’Economie et des Finances "à plus que temps plein". Il a cependant assuré son soutien à Benjamin Griveaux, candidat officiel investi par le parti LaREM et fait un appel du pied à Cédric Villani, qu'il décrit comme "un garçon aux qualités exceptionnelles". "Je souhaite qu’il les mettent au service de cette équipe constituée autour de Benjamin Griveaux", a-t-il ajouté. Candidat malheureux à l’investiture LaREM, Cédric Villani  pourrait être tenté de lancer une candidature dissidente.

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