VIDÉO - "C'est de la démagogie" : Chantal Jouanno dénonce l'organisation du Grand débat national

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Grand débat national : l'heure des annonces

COUP DE GUEULE - Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), a tancé l'organisation du Grand débat. Elle l'assure : celui-ci est "faussé".

"Le Grand débat est faussé." Invitée ce vendredi matin dans la Matinale de LCI, Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), a vilipendé le gouvernement. Ce dernier est responsable selon elle d'un "acharnement assez étrange" à son égard depuis l'annonce de son retrait le 8 janvier concernant l'organisation du grand débat et la fin de la contribution de la CNDP le 15 janvier. Elle l'assure : "Nous ne sommes pas dans un grand débat".

Celle qui devait piloter le grand débat national a eu des mots durs concernant le gouvernement et le chef de l'Etat. "Nous ne sommes pas dans un grand débat. Il y a les réunions du président de la République, totalement légitimes, mais c'est une com' politique, c'est de la démagogie. (...) C'est n'est pas un grand débat, c'est une consultation. Les questions sont orientées. Si on veut parler des travailleurs pauvres, des hôpitaux, aucune question n'est posée."

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"Le principe d'un débat n'est pas de poser des questions aux Français"

Sur lCI, l'ancienne ministre a défendu le dispositif qu'avait préparé son instance. La plateforme internet préparée par la CNDP "était prête, sauf qu'en fait, ils ont tout refait", a raconté Chantal Jouanno. "On n'avait pas prévu de faire une opération de communication mais un grand débat, donc on avait prévu de faire une plateforme numérique totalement ouverte, (...) où tout le monde pouvait échanger sur n'importe quel sujet".

"Le principe d'un débat public n'est pas de poser des questions aux Français, c'est à eux de le choisir les sujets", a martelé l'ancienne  ministre. "Les Français ont raison de s'inquiéter. J'ai rencontré hier les garants, mais ils ne sont pas spécialistes de la participation et se trouvent cantonné dans un rôle." "Si on avait voulu un débat avec une réelle indépendance, on aurait pu continuer avec la CNDP", a-t-elle ajouté.

Début janvier, Chantal Jouanno avait été la cible de nombreuses critiques après qu'elle eut annoncé qu'elle se "retirait" de l'organisation du grand débat national, en raison d'une polémique sur son salaire (14.666 euros bruts par mois). "La question de la rémunération est légitime pour nos concitoyens. J'ai d'ailleurs demandé au président de la République lundi soir de revoir à la baisse mon niveau de rémunération (...). Le juste choix lui appartient", s'était-elle défendue, en déplorant les "bassesses" du monde politique. 

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Plusieurs personnalités de la majorité avaient critiqué son "retrait" et réclamé sa démission. Elle doit "tirer les enseignements" de son départ "incompréhensible", avait notamment estimé Benjamin Griveaux.  "Les Français ne comprendraient pas que Chantal Jouanno ne quitte pas immédiatement ses fonctions", avait renchéri le député Richard Ramos, un dirigeant du MoDem. Ce n'est pas à la CNDP, "dont la légitimité est nulle", d'organiser le grand débat, avait aussi dit le président du MoDem François Bayrou.

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