VIDÉO - "Comme si j'étais toujours une puissance coloniale" : le show Macron face aux étudiants burkinabés

SPONTANÉITÉ - À l'issue de son discours devant des étudiants de l'université de Ouagadougou au Burkina Faso, le président Emmanuel Macron a participé à une séance de questions-réponses. Un exercice pendant lequel le chef de l'État s'est offert une liberté de ton et d'action. Du (quasi) jamais-vu.

Tantôt survolté, tantôt décontenancé. Ce mardi, le président Emmanuel Macron s'est prêté à un exercice particulier. Le chef de l'État, en visite d'État au Burkina Faso, a longuement échangé avec les étudiants burkinabés de l'université de Ouagadougou. À l'occasion d'un questions-réponses, qui a duré plus d'une cinquantaine de minutes, il a eu toutes les peines du monde à se faire entendre. "Les étudiants français sont paradoxaux. Mais vous, vous êtes des étudiants super paradoxaux !", a-t-il d'ailleurs lâché. Débordé par les questions, qu'il a voulu plus nombreuses que les quatre initialement prévues, Macron a tenté de canaliser le brouhaha ambiant et l'agitation de ses interlocuteurs en distribuant la parole à la volée. 

Macron tutoie un étudiant trop insistant

"Arrêtez de protester dès qu'il y a une question", "S'il vous plaît", "Un peu de calme"... Parfois hilare, souvent excédé, il n'a pas hésité à élever la voix et à faire de grands gestes pour tenter d'obtenir le silence dans l'hémicycle. Emmanuel Macron est même allé jusqu'à tutoyer un étudiant, qui multipliait les questions, rendant interminable son intervention. "Non, non tu n'en as qu'une. Sinon on n'en finit plus, il faut de l'ordre", s'est-il emporté, avec l'appui des organisateurs assis au premier rang. 

Il est parti réparer la climatisationEmmanuel Macron au sujet du président burkinabé Kaboré

Apostrophé par une étudiante sur l'approvisionnement en électricité dans le pays, et notamment dans les universités du Burkina Faso, Macron l'a renvoyée vers le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré. "Vous m'avez parlé comme si j'étais le président du Burkina Faso (...) comme si j'étais toujours une puissance coloniale", s'est-il vivement emporté. "Mais moi, je ne veux pas m'occuper de l'électricité dans les universités au Burkina Faso. C'est le travail du président", a-t-il ajouté, avant de lancer en direction de son homologue, qui quittait la salle à ce moment précis : "Il est parti réparer la climatisation."

Sur LCI, Rémy Robeyrotte, député LREM de Saône-et-Loire, a d'ailleurs reconnu qu'il y a "peut-être eu une maladresse" de la part du président de la République. "C'est la limite de l'exercice. On est dans un échange spontané", a-t-il ajouté. De là, à évoquer un incident diplomatique entre la France et le Burkina Faso, il n'y a qu'un pas qu'on n'oserait franchir. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La présidence Macron

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter