VIDÉO - Dîner du CRIF : Macron promet de renforcer la lutte contre la haine sur Internet

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BATAILLE - L’Etat luttera sans faiblesse contre l’antisémitisme, qui porte, selon lui, atteinte à la République, a promis mercredi Emmanuel Macron lors du dîner du CRIF. Le chef de l’Etat a notamment annoncé la création d'une mission pour lutter contre le racisme et l'antisémitisme en ligne.

Emmanuel Macron était pour la première fois de son quinquennat l’invité du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), mercredi 7 mars, au Carrousel du Louvre à Paris. Le chef de l’Etat a promis une lutte renforcée contre la haine raciste et antisémite qui prospère sur internet. Devant un millier d'invités, dont une quinzaine de ministres et une vingtaine d'ambassadeurs, il a dit vouloir mener dès cette année au niveau européen "un combat permettant de légiférer pour contraindre les opérateurs à retirer dans les meilleurs délais" les contenus haineux de la Toile.


En France, une mission sera ainsi confiée par le gouvernement à Gil Taïeb, vice-président du Crif, et à l'écrivain franco-algérien Karim Amellal sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme sur internet. Ce combat "doit non seulement impliquer les pouvoirs publics mais aussi la société civile et les plateformes", a souligné le chef de l'Etat, désignant l'antisémitisme comme "le contraire de la République" et le "déshonneur de la France".

 "Aucune piste ne sera écartée, y compris la possibilité de légiférer dans ce domaine", a assuré le président de la République en citant comme "exemple inspirant" la législation allemande, qui menace les plateformes internet de lourdes amendes en cas de diffusion de messages de haine. Le responsable de l'instance de représentation politique de la communauté juive organisée a confirmé que le Crif allait installer un "observatoire de la haine sur le net". 


"Lorsque notre outil aura fait ses preuves, nous pourrons l'élargir au racisme, à la xénophobie, à l'homophobie, à la haine des musulmans et, aussi, à la haine de la France", a-t-il précisé. "Si nous construisons cet observatoire, c'est parce que les entreprises internet ne le font pas elles-mêmes", a-t-il déploré, ajoutant : "peut-être faut-il les y contraindre ?". 

Emmanuel Macron a également refusé de trancher le débat sur la publication, projetée par Gallimard, des pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline, tout en laissant entendre qu’il n'en était pas partisan. "Il n’y a pas dans notre pays de police mémorielle et morale des éditions dans le sens où je dirais 'j’interdis la publication de ces écrits'. Je ne vais pas trancher ce débat", a-t-il dit laissant donc entendre qu’il y était défavorable.

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